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Eurocopter veut poursuivre son rêve américain

Par Hassan Meddah - Publié le
EC120
© Eurocopter

N°1 sur le marché civil américain avec 50% des ventes, la filiale d’EADS aux États-Unis affiche ses ambitions dans le domaine militaire. Après avoir emporté le programme d’hélicoptères légers LUH-Lakotapour l’armée, Eurocopter se positionne sur le marché de l’appareil léger armé pour les missions d’éclairage, l’AAS (aerial armed scout).

La semaine dernière, la filiale américaine d’Eurocopter a livré son 120eme hélicoptère léger à l’armée américaine. Si elle va au bout de son programme, l’armée aura commandé au total 345 appareils dits LUH-Lakota, des hélicoptères légers destinés à des missions logistiques. Signé en 2006, ce contrat est estimé à deux milliards de dollars. Les paiements sont étalés dans le temps en fonction du nombre de commandes annuelles, soit environ une cinquantaine par an. "Ce contrat représente 25% et bientôt 30% de notre activité. Les hélicoptères sont produits sur notre site de Colombus au Mississippi", indique Marc Paganini, PDG d’Eurocopter North America. Il marque surtout une percée pour le fabricant dans le marché militaire. "Il y a quatre ans, nous n’étions pas présent sur le marché militaire", se félicite le dirigeant. Au total, avec les besoins de remplacement, ce contrat pourrait courir sur 500 voire 600 machines. Jusqu’ici Eurocopter s’est imposé sur le marché civil et para-public (transport médical, appareil de tourisme, transport off-shore…). Sur leur terrain, le constructeur fait la nique aux acteurs locaux avec 50% de part de marché contre 26% pour son premier concurrent Bell.

"Nous avons gagné ce contrat avec la manière. En nous positionnant comme maître d’œuvre, nous avons démontré que l’on était capable de gérer un programme sans laisser ce rôle à un partenaire américain", souligne Marc Paganini. Le constructeur Eurocopter montre la voie à suivre à l’ensemble du groupe EADS qui s’est fixé comme objectif d’être plus présent aux Etats-Unis et surtout le segment militaire afin de limiter les effets des crises de l’aéronautique civile. Avec succès. "Malgré la chute dramatique du marché des hélicoptères civils aux États-unis, Eurocopter a continué à croître grâce au développement de ses activités militaires. Avec la montée en puissance du contrat LUH-Lakota, nous comptons même augmenter nos effectifs de 810 personnes à plus d’un millier d’ici deux ans", explique le dirigeant.

Eurocopter ne compte s’arrêter en si bon chemin. Il s’est positionné sur le futur contrat d’appareil léger militarisé pour des missions de reconnaissance, l’AAS (aerial armed scout). "Nous présenterons un appareil bimoteur à partir de la base de l’EC145", explique Marc Paganini. S’il a retenu Lockheed Martin pour les équipements de mission (communications, radar, armement…), Eurocopter agira à nouveau en tant que maître d’œuvre. L’appel d’offres pourrait être passé en avril 2011 pour des premières livraisons en 2016. Le contrat pourrait porter sur 500 machines et générer des commandes de l’ordre de 6 à 8 milliards de dollars. Mais la concurrence américaine est avertie et les hélicoptéristes américains Bell ainsi que Sikorsky ne risquent pas de lui faire de cadeau.

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1 réaction

Thibault Lamidel | 30/06/2010 - 14H59

Bonjour,

C'est peut être le seul but de forcer des européens à investir le marché américain : la concurrence. Seul remède pour une partie des cercles américains pour sortir le complexe militaro-industriel de sa productivité défaillante et ses coûts élevés. Je souligne que, s'il est normal qu'un appareil militaire américain soit plus "cher" en raison de son ambition supérieur à un appareil européen, cela n'explique pas toute la différence de prix.
D'où l'intérêt qu'Eurocopter réussisse : à tenir un programme dans les délais et dans les coûts (c'est si rare. L'objectif recherché est atteint et c'est le standard qui devrait être imposé. La concurrence devant aidé à modéré les prix.

C'est peut être pour cela que Boeing craint de perdre le contrat de ravitailleur. Le sénateur Mc Cain est très actif pour favoriser EADS. Non pas parce qu'il en a quelques intérêts financiers ou électoraux. Mais parce que cela fait parti de ses convictions politiques.

Cordialement,

Thibault Lamidel

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