Eurocopter : pas de reprise en vue avant 2012
Par Hassan Meddah - Publié le
Le chiffre d’affaires progresse de 6% à 4,8 milliards d’euros, même si les livraisons reculent de 558 à 527 appareils. Les livraisons en volume devraient encore baisser en 2011.
Le premier hélicoptériste mondial ne profite pas à plein du redémarrage de l’économie comme les autres filiales du groupe EADS. Alors qu’Airbus et ATR ont annoncé récemment des hausses significatives de leur cadence de production, Eurocopter a vu ses livraisons en volume légèrement baisser en 2010 et estime que cette tendance baissière va se poursuivre encore cette année. « Les effets de la crise se sont faits encore ressentir sur notre activité en 2010 et notamment dans le domaine civil », a précisé Lutz Bertling, PDG d’Eurocopter.
L’entreprise basée à Marignane a ainsi livré 527 appareils en 2010 contre 558 un an auparavant. Toutefois son chiffre d’affaires est en augmentation du fait qu’il vend plus d’hélicoptères de gamme supérieure et que son activité dans les services progresse pour représenter désormais 36% de son activité totale. Le chiffre d’affaires de 2010 s’établit ainsi à 4,8 milliards d’euros contre 4,6 milliards l’an dernier. Les bonnes nouvelles sont venues du côté des activités militaires : 28 NH90 ont été livrés en 2010 soit le double par rapport à l’année précédente, et les hélicoptères d’attaque Tigres (notamment déployées par l’armée française en Afghanistan) sont à nouveau acceptés en livraison par l’armée allemande qui avait exigé des modifications du système de câblage de l’appareil. Outre-Atlantique, durant l’année 2010, le groupe européen a livré son 100eme hélicoptère léger, le UH-72A en respectant le calendrier et le budget fixé par l’armée américaine. De quoi le rendre confiant pour le prochain d’offres du Pentagone pour des hélicoptères cette fois-ci armés, les Scouts. S’il l’emportait, Eurocopter pourrait alors espérer rattraper une partie de son retard sur l’américain Sikorsky qui détient 39% du marché mondial du marché militaires contre 19,5% pour Eurocopter. Le marché militaire est essentiel : il est évalué à 10 milliards d’euros en 2010, contre 4 millairds pour le marché civil.
Pour 2011, Eurocopter veillera à l’avancée de deux chantiers particuliers. Primo, le transfert de son usine de la Courneuve en région parisienne qui fabrique les pales des hélicoptères vers l’ex base militaire voisine de Dunny. L’usine actuelle dont les fondations remontent de 1907 ne correspond plus aux standards industriels et affiche des coûts de fonctionnement prohibitifs du fait de sa vétusté. Toutefois, les négociations avec les différents ministères (Défense, Industrie…) pour libérer le terrain trainent en longueur. L’investissement pour Eurocopter dans un nouveau bâtiment et de nouvelles machines de production pourrait atteindre une centaine de millions d’euros.
Secundo, Eurocopter devrait préciser cette année son projet de développement du successeur du Dauphin, l’un de ses hélicoptères vedette. Ce programme, baptisé X4, pourrait donner naissance à un appareil soit en totale rupture « qui permettrait de renouveler totalement la façon de voler » selon Lutz Bertling, ou plus simplement à un appareil plus évolués techniquement. Tout dépendra en fait du financement récolté auprès de l’Etat dans le cadre du grand emprunt pour développer des technologies de rupture pour les aéronefs à voilure tournante. Eurocopter et ses partenaires comme TurboMeca pourraient en effet bénéficier de plusieurs centaines de millions d’euros pour booster leurs R&D.
Hassan Meddah

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