Etudiants étrangers : vers une révision de la circulaire Guéant
Par Morgane Remy - Publié le
Claude Guéant revoit sa copie. Le ministre de l’Intérieur remet sur la table la circulaire du 31 mai sur la limitation de l’immigration professionnelle et est prêt à l’adapter aux réalités de l’industrie.
D’un côté, il y a un objectif politique : limiter l’immigration. De l’autre, il y a le besoins des entreprises : des jeunes diplômés compétents, quelles que soient leurs origines. Après quatre mois de tensions entre ces deux camps, Claude Guéant a cédé et accepte de revoir sa circulaire du 31 mai 2011. Elle a pour but de limiter drastiquement l’accès à un titre de séjour aux étudiants non-européens.
Vendredi dernier, le 23 décembre 2011, il a déclaré vouloir "prendre en compte la réalité d’un certain nombre d’étudiants qui étaient gênés par cette circulaire qui avait pour objectif, et qui a pour objectif, de lutter contre celles et ceux qui abusent du système". En janvier sera donc organisée une discussion pour redéfinir les modalités des demandes d’autorisation d’immigration professionnelle pour les métiers en tension.
Le but de cette concertation avec les universités est de "clarifier le texte du 31 mai, qui traitait de manière générale de l'immigration professionnelle et qui avait généré des malentendus sur le point particulier des jeunes diplômés hautement qualifiés", explique le ministre. En clair, il reconnaît le besoin des entreprises de certaines compétences qui ne saurait être satisfait uniquement sur le marché français.
Une bonne nouvelle pour les industriels souvent en manque d’ingénieurs. Mais une nouvelle qui ne surprend pas tellement. Le ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur l’avait réaffirmé lors d’une rencontre avec des lecteurs de L’Usine Nouvelle : "Sur les métiers d’ingénieurs, il n’y a aucune fermeture pour ceux qui veulent transformer un projet d’études en projet de travail. Cette mesure restrictive en matière d’émigration a abouti à une mauvaise application. Donc, nous corrigeons."
Pour le moment, le régime d’exception était privilégié. Comme le soulignait le Premier Ministre François Fillon : "des cas ont été réexaminés: ils sont pour la plupart réglés ou sur le point de l'être". Toutefois "cette politique d'attractivité et de compétitivité s'accorde avec le souci de mieux maîtriser l'immigration professionnelle pour tenir compte de la réalité de notre marché du travail et d'un chômage qui touche aussi les jeunes diplômés", martelait François Fillon en soutien à son ministre de l’intérieur.
Il ne s'agissait alors que d'effacer les aspérités qui dérangeaient, et de favoriser au cas par cas l'immigration d'ingénieurs ou autres diplômés nécessaires à notre économie. Mais, aujourd'hui, la déclaration de Claude Guéant est bien plus qu’un coup de gomme à la marge. Il s’agit bel et bien de revoir sa copie pour l'ensemble des professions en tension et d'acter une immigration qualitative et économiquement viable.
1 réaction
ArcEnCiel | 26/12/2011 - 15H26
Bonjour,
Je suis tunisienne, ingénieur en informatique et j'ai une opportunité de cdi en france. Est ce que cette nouvelle pourrait faciliter les introductions de salarié étranger?
Merci.

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