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Et si vous sollicitiez la cagnotte de l'UIMM ?

Par ARNAUD DUMAS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3241
Les prêts varient de 100 000 à 400 000 euros.
Les prêts varient de 100 000 à 400 000 euros.
© PHOTOS : D.R.

Après avoir validé localement la faisabilité des projets montés par les PMI adhérentes, la fédération octroie des prêts participatifs qui les financeront.

Investir ? Ce n'est jamais simple pour une PMI. Certaines sommes sont trop élevées pour que les banques se risquent à les avancer seules et trop faibles pour qu'un fonds d'investissement s'y intéresse... Cette zone grise est néanmoins vitale pour le développement des petites industries. Ce constat a décidé l'Union des industries et des métiers de la métallurgie, l'UIMM, à créer un fonds de 50 millions d'euros (la fameuse « caisse noire », remise au service des adhérents). Cette enveloppe se décline sous forme de prêts participatifs accordés aux adhérents de l'organisation. « Nous intervenons pour des prêts de 100 000 à 400 000 euros, là où il existait un vide », explique Patrick Gérion, le directeur général de la CMGM, l'outil financier de la Fédération des industries mécaniques (FIM), qui développe cette solution dans sept régions de France.

Le prêt accordé au sein de la profession exerce un effet d'entraînement auprès des établissements financiers traditionnels. « Cela leur permet d'obtenir jusqu'à un million d'euros », illustre Patrick Gérion. La caution de l'UIMM rassure. « Nous connaissons bien les métiers et la réputation des entreprises », rappelle Martine Clément, présidente de la CMGM. Un fabricant breton de vérins industriels fixes, Maac Hydraulic, dirigé par Jean-François Bory, a ainsi obtenu de la FIM un prêt de 250 000 euros sur huit ans, avec un remboursement différé sur la première année. Assimilé à des quasi fonds propres, il a permis d'obtenir auprès de la Banque populaire de l'Ouest et du Crédit coopératif un crédit-bail de 750 000 euros pour acquérir de nouveaux équipements.

« C'est un prêt important par rapport à la taille de l'entreprise », souligne Jean-François Bory, qui, avec une trentaine de salariés, réalise près de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ce soutien financier va lui permettre de se développer à l'international. « La sidérurgie, qui représentait 50 % de notre chiffre d'affaires, a arrêté les commandes en 2009, se rappelle le dirigeant. J'ai choisi d'élargir mon champ de prospection. » En se positionnant notamment dans les pays du Maghreb. Et pour cela, il doit acquérir des machines pour fabriquer les vérins de plus grande taille correspondant à la demande locale.

Agrément des pairs

Le projet de Maac Hydraulic n'a pas été choisi à la légère. Jean-François Bory s'est d'abord adressé à son syndicat professionnel local pour demander le prêt. Selon la procédure instaurée par l'UIMM, les experts locaux effectuent une présélection, puis présentent le projet au fonds de garantie. Le dossier de l'industriel breton est ainsi remonté au siège de la CMGM, à la Défense. Les analystes ont étudié l'ingénierie financière du projet, puis renvoyé le dossier en région. Il est alors passé devant un comité d'agrément de l'UIMM locale, composé de chefs d'entreprise. Ceux-ci ont validé la faisabilité industrielle du projet. Ils ne se sont pas trompés. Alors que l'export représentait 10 % de son activité en 2008, Maac Hydraulic a réalisé 20 % de son chiffre d'affaires à l'étranger en 2010. Et il vise les 60 % en 2011.

LES FONDS

50 millions d'euros, issus des intérêts des caisses de l'UIMM. Quatre fonds de garantie attribuent les prêts selon la région concernée.

LE PRÊT PARTICIPATIF

250 000 euros en moyenne, sur une durée de quatre à huit ans. Pas de garantie personnelle ou réelle exigée.

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