En condamnant pour la première fois dans l'histoire de l'amiante deux anciens dirigeants du groupe Eternit Italie à seize ans de prison, le tribunal de Turin donne un avertissement aux industriels du secteur, passés et actuels : « La justice italienne confirme que leurs agissements sont criminels au sens judiciaire », analyse l'Association des accidentés de la vie, qui demande aux pouvoirs publics français de s'inspirer de l'Italie et de « reprendre la main » sur les procédures pénales en cours. En France, les premières plaintes ont été déposées il y a plus de quinze ans et n'avancent pas, faute de moyens accordés au Pôle de santé publique qui les instruit, voire d'indépendance des procureurs, selon les associations. L'Andeva, qui représente les victimes, regrette que « le non-respect des règles de santé - sécurité au travail ne donne pas lieu à des poursuites pénales sérieuses ». Son vice-président, Michel Parigot, le déplore : « Mettre en prison des dirigeants, politiques ou économiques, cela ne se fait pas. »
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