Esso à la peine avec ses raffineries
Par Ana Lutzky - Publié leLa filiale française de l’américain ExxonMobil affiche 90 millions d’euros de bénéfices. Reste qu’en excluant la hausse de la valeur des stocks pétroliers, elle afficherait « une perte [nette] économique de 77 millions d'euros ».
Total n’est pas la seule à souffrir de ses raffineries. Alors que le pétrolier français vient de décider de fermer sa raffinerie des Flandres à Dunkerque, le numéro 2 des raffineurs de l’Hexagone Esso, filiale à 83% du géant pétrolier américain Exxon Mobil, a fait part jeudi du même diagnostic. En surcapacité, ses raffineries délivrent des bidons de produits pétroliers dont la valeur nominale augmente, mais que le groupe n’arrive pas à écouler sur le marché !
Côté demande, le ralentissement économique a entraîné une faiblesse de la consommation d’hydrocarbures. Côté offre, l'émergence de nouvelles capacités de raffinage en Asie et au Moyen Orient ont obligé les raffineurs présents sur le continent européen à réduire leur taux d'utilisation des capacités.
Etre à armes égales
- Certificats d’économies d’énergie, dont l’objectif a été multiplié par 6 et élargi aux pétroliers : l’UFIP prévoit une augmentation de 2 centimes d’euro par litre à la pompe du fait des surcoûts pour les pétroliers.- Plans de prévention des risques technologiques, dont les retards de mise en œuvre ont irrité Jean-Louis Borloo : plus de 250 millions d’euros pour les entreprises concernées.
- Plan de modernisation des installations industrielles de Chantal Jouanno : 100 millions d’euros à la charge de l’industrie pétrolière.
- Anticipation de la nouvelle demande de biocarburants : la filiale d’Exxonmobil se dit très en avance et estime avoir beaucoup investi.
Esso trouve toutes ces mesures « excellentes », mais demande que « les règles soient les mêmes » pour ses concurrents du reste de l’Europe.
Volumes. Les quantités de pétrole brut traitées par Esso sont en baisse de 8%, et les volumes totaux vendus par le groupe ont chuté de 5 %. Les volumes distribués sur le marché intérieur sont en repli de 9 % compte tenu de la réduction sensible des contrats annuels de ventes en gros après la forte progression de 2008, alors que le marché intérieur français des produits pétroliers s’est contracté de 3,7 % en 2009 selon les statistiques publiées par le Comité Professionnel du Pétrole.
Perte économique. Le résultat net du groupe de 90 millions d’euros reflète la forte augmentation de la valeur des stocks : le prix du pétrole brut est passé en moyenne de 44 dollars le baril de Brent en janvier 2009 à 74 dollars en décembre. Mais une fois évacués ces effets de stocks, la perte économique est de 77 millions d’euros.
De façon à peine plus explicite, le groupe a indiqué qu’il « continuera d'optimiser son outil industriel et de distribution pour tenir compte des changements structurels de ses marchés ». Sur les 12 raffineries (encore) en activité en France, Esso en possède deux : l’une à Fos-sur-Mer, près de Marseille, l’autre à Port-Jérôme-Gravenchon, en Normandie.
Lire aussi :
Le problème des raffineries françaises
La carte des (12) raffineries françaises
(celle de Mardyck a été fermée depuis)

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