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Eric Peugeot s’est retiré de Theolia

Le 28 juillet 2010 par Yann Le Houelleur
éolien

Au cours des dernières années, cette société indépendante spécialisée dans l’éolien a souffert de déboires financiers qui sont allés de pair avec la valse des patrons. Quelques mois seulement après avoir pris les rênes de la présidence, Eric Peugeot a considéré sa mission achevée, remplacé par Michel Meeus.

Le conseil d’administration du développeur et opérateur indépendant de projets éoliens Theolia a pris acte de la démission d’Eric Peugeot. Cet ingénieur en marketing, qui cumule aujourd’hui de nombreux mandats au sein de filiales du groupe PSA, avait pris la tête de Theolia le 11 février 2010. La capacité installée du groupe au 31 mai dernier s'élevait à 264 mégawatts (MW) détenus pour compte propre - en baisse de 58 MW par rapport à fin 2009 - et 518 MW gérés pour compte de tiers.

En réalité, Eric Peugeot siégeait au conseil d’administration depuis 22 mois. A l’occasion de l’annonce de son remplacement par Michel Meeus, il a retracé en ces termes le chemin parcouru : «Le temps est venu de redonner à l’entreprise un nouveau souffle qui lui permettra d’aborder l’avenir avec sérénité.» Et d’ajouter : «Je considère que les objectifs que nous nous sommes assignés ont été atteints.» Vraiment?

Theolia est l’archétype des sociétés problématiques soumises à une valse infernale des patrons. En 2008, alors que ce spécialiste de l’éolien était dans une impasse financière, Marc van’t Noordende avait éclipsé Jean-Marie Santander, appartenant à la famille dont un puissant groupe bancaire espagnol porte le nom. Celui-ci, il est vrai, n’apparaissait plus très crédible : l'Autorité des marchés financiers (AMF) avait infligé à Theolia une amende de 300.000 euros  « au titre des manquements à la bonne information du public». Cette sanction avait fait suite à une procédure sur des faits relevés de 2005 à 2007.
Le scandale s’avérait total : d'autres sanctions pécuniaires avaient achevé de déboulonner Jean-Marie Santander.

Une amende salée

Nouveau coup de théâtre, quelques mois plus tard, quand Marc van't Noordende avait dû prendre le large.
La manière dont il avait tenté de renégocier la lourde dette de Theolia, cherchant l’appui de banques helvétiques, n’avait pas été du goût de tout le monde. Une faction des actionnaires alors brandi l’étendard de la révolte. Certains interprétèrent pareille rébellion comme un retour en force de Willi Balz, un actionnaire qui possédait moins de 10 % du capital de Theolia par l'intermédiaire de la société Windreich dont il détient le contrôle. Willi Balz était soupçonné de vouloir s’octroyer jusqu’à un tiers des actions de Theolia afin de mettre la société en coupé réglée. C’est alors qu’Eric Peugeot avait accédé aux fonctions de directeur général.

Le producteur d’électricité indépendant revient de loin. Theolia a lancé le 25 juin dernier une augmentation de capital de 60,5 millions d'euros destinée à renforcer ses fonds propres. La dette financière a décliné de 33 millions d'euros par rapport à la fin 2009. Toujours au 31 mai, la trésorerie nette du groupe atteignait 84 millions d'euros, en recul de 10 millions par rapport à fin 2009.

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