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Eric Cavel : « Un terrible gâchis chez Sony »

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Interview exclusive de notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère.

La situation est bloquée. Sony a annoncé mercredi soir « refermer le processus de consultation », après le statut quo enregistré au comité d'entreprise de l'usine landaise de Pontonx-sur-l'Adour que le géant de l'électronique veut céder. Eric Cavel, actuel directeur de l'usine (70 millions d'euros, 316 salariés), un des acteurs du plan de reprise réagit. 

U.N. : Les discussions sont bloquées. Que peut-il se passer dans les prochaines semaines ? 
Eric Clavel : Les salariés restent sur des positions rigides. Je ne les sens pas prêts à se prendre par la main et à arrêter le massacre, mais plutôt à subir la fermeture du site. On leur a trop laissé croire que le projet de reprise, c'était du bluff. Donc on va rentrer dans le processus de justification économique de la restructuration et des indemnités diverses.

Les salariés refusent le projet de cession tant qu'ils n'auront pas obtenu des garanties financières, comprenez-vous leurs inquiétudes ?
« En l'espace de neuf mois, il y a eu vingt-deux réunions de CE et de CCE, et trois mois d'audit réalisé par le cabinet d'experts Secaphi-Alpha, autour du projet de cession de l'entreprise. Aujourd'hui, les salariés sont sollicités pour donner leur avis sur ce projet de cession. Ils répondent garanties, primes, enveloppes financières dédiées à un éventuel PSE, avenants au contrat de travail. C'est une démarche syndicale, que là, on ne peut pas se permettre. J'ai l'impression que nous sommes une famille qui se déchire sur le lit du malade. Je comprends que les salariés s'inquiètent pour leur avenir. Mais on est en train d'assister à un véritable gâchis. On tue la chance de sauver l'entreprise parce que l'on reste arcboutés sur des positions syndicales.

Au final, vous n'avez pas réussi à convaincre les salariés du bien fondé du projet de reprise que vous portez avec d'autres partenaires ?
En quelques mots, je vous rappelle la teneur du projet ; il s'agit de produire et d'installer des fermes photovoltaïques. C'est un investissement lourd. Je sais que le retrait du projet de trois cadres de l'usine, a inquiété les salariés. Tout comme la présence de la société de consultants Business Création dans le consortium de reprise. Mais je rappelle que dans le projet il ya deux types d'actionnaires : le consortium SXP, composé d'industriels de la filière photovoltaïques, d'un producteur de cellules et d'onduleurs, de banquiers, de la société Business Création, et de Sylvain Antol, le P-DG de Sony France. A côté de ce consortium, une structure que je monte avec Sylvain Antol, détiendra un certain pourcentage de l'usine. Nous serons majoritaires.

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