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Eric Besson milite pour la réindustrialisation

Par Solène Davesne - Publié le
Production industrielle - Usine de montage
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Le ministre de l'Industrie faisait le point ce lundi 12 décembre à Bercy avec plusieurs industriels qui ont réinvesti ou relocalisé en France. Depuis un an et demi, 20 aides à la réindustrialisation ont été distribuées, avec à la clef la promesse de 1 525 créations d'emplois d'ici trois ans.

Eric Besson en est persuadé : "La réindustrialisation, ça marche !" Une affirmation faite à l'occasion de sa rencontre avec des industriels qui ont bénéficié d'une aide à la réindustrialisation. "Nous sommes en avance sur notre plan de marche" se félicite le ministre de l'industrie.

Créée en août 2010, les aides à la réindustrialisation ont bénéficié d'une aide de l'Etat de 77 millions d'euros. "Nous avons déjà atteint 75 % de notre objectif", souligne encore Eric Besson, tout en reconnaissant que l'objectif initial "n'était pas très ambitieux". Le gouvernement espérait créer seulement 2 000 emplois en trois ans grâce à son enveloppe de 200 millions d'euros.

De fait, le dispositif - qui accorde des avances remboursables à des projets supérieurs à 5 millions d'euros et créant plus de 25 emplois – s'accélère. Huit nouvelles aides ont été attribuées ce 12 décembre. Trois autres devraient être débloquées d'ici à un mois et une dizaine de dossiers sont encore en examen.

Reste que l'aide à la réindustrialisation n'a pas atteint son principal objectif initial : rapatrier des activités délocalisées dans des pays à bas coûts. Dans les faits, sur les 20 dossiers, seuls 6 correspondent à de la relocalisation ou à un rapatriement de production sous-traitées à l'étranger.

C'est le cas de Diane industrie, une PME de chaudronnerie qui vient de se voir accorder une aide de 3 millions d'euros pour produire des sous-ensembles de chaudières autrefois importés. "Il faut cibler les produits que l'on relocalise. Mais même si nous avons eu un soutien exceptionnel des collectivités locales, nous n'avons pas encore convaincu les banques", souligne Régis Messio, le pdg.

Un travail avec les banques

Autre exemple : Led power a lui relocalisé dans la Sarthe la production de lampes à leds, auparavant sous-traité en Chine. "En devenant très automatisé en France, on peut devenir compétitif au niveau des coûts avec la Chine. D'autant que les coûts salariaux progressent rapidement en Chine", assure Romuald Fromentin, le directeur, qui prévoit de créer 37 emplois supplémentaires.

Loin de la relocalisation, l'aide à la réindustrialisation a surtout permis d'accélérer des projets d'investissement, pour lesquels les PME peinent à convaincre les banques.Dans la Loire, Valentin traiteur a décidé d'investir 14 millions d'euros pour démarrer l'exportation de ses croque-monsieur sous-vide et de roulés au fromage. "En un an, on est passé de 0 % à 4 % de notre chiffre d'affaires à l'exportation. Cela nous rend moins dépendant de la grande distribution française", souligne son PDG. "Cela nous a offert une bouffée d'oxygène par rapport à nos banquiers un peu réticents", reconnaît-il aussi.

Un constat partagé par Eric Launois, le directeur général de Ardenpal, qui prévoit de construire une usine de production de palettes en plastique. "Sans l'aide de l'Etat, ce projet n'aurait jamais réussi à voir le jour. Cela nous a donné la crédibilité pour convaincre les banquiers", jure-t-il.

Eric Besson prévoit de travailler "avec les banques pour leur expliquer la situation spécifique de l'industrie" et d'aller plus loin dans le conseil aux PME envisageant de relocaliser. Pour ce faire, la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS) étudie de près le dispositif mis en place par la Suède pour développer son industrie.

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1 réaction

CMS | 18/12/2011 - 16H27

les cas de relocalisation sont rares...6 dossiers concernent les relocalisations sur les 20 cités, est-ce un succès, est-ce une mesure incitative ou un effet d'aubaine ? les entreprises prennent cette avance parce qu'elle existe, mais dans le cas contraire, elles auraient quand même relocalisé

Quant aux entreprises qui ne reçoivent pas ses aides et qui fabriquent en France, ne sont-elles pas discriminées ?

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