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Eric Besson défend l’industrie au Sénat

Par Barbara Leblanc - Publié le
Eric Besson
© D.R.

En réponse aux questions des sénateurs le 15 novembre sur la désindustrialisation des territoires, le ministre de l’Industrie est revenu sur les grandes problématiques du secteur. Et notamment sur l’actualité des groupes PSA et ArcelorMittal.

Premier à prendre la parole, le président de la mission sur la désindustrialisation, Martial Bourquin, prend pour exemple l’annonce du plan d’économies de PSA et la suppression de près de 4 000 emplois dans l’Hexagone et surtout dans la R&D, annoncée ce jour. Selon lui, la France a franchi une nouvelle étape dans la désindustrialisation. Il réclame que le gouvernement investisse davantage dans le secteur. "Nous avons besoin d’avoir un patriotisme industriel, explique-t-il. Nous avons besoin qu’il y ait une aide à l’industrie, mais pour des investissements sur le territoire national. Il faut une politique de contrepartie. Il faut réagir". 

En guise de réponse, le ministre de l’Industrie tire un bilan des principales actions déjà mises en place par le gouvernement. Il met notamment l’accent sur les 23 mesures prises dans le cadre des Etats généraux de l’Industrie, la mise en place d’une semaine de l’industrie ou encore celle d’un ambassadeur de l’industrie.

"Notre objectif est de revaloriser le rôle de l’Etat actionnaire aussi et nous travaillons pour améliorer la question de la réciprocité des entreprises dans les échanges internationaux", explique Eric Besson.

Le ministre estime que la compétitivité et l’innovation sont au cœur de la politique du gouvernement, notamment à travers France brevets ou le crédit impôt recherche. Il reconnaît qu’il faut mieux orienter l’épargne vers les entreprises. "Nous allons transformer le livret de développement durable en un livret de développement industrie durable", souligne-t-il.

Promesse d’ArcelorMittall respectée

Eric Besson réaffirme que la sidérurgie reste un secteur important en France, avec plus de 50 000 emplois. Revenant sur l’arrêt de deux hauts-fourneaux par ArcelorMittal à Florange, le ministre rappelle que le groupe lui a assuré qu’il n’y aurait pas de fermeture définitive. Il souligne aussi qu’il est allé le 8 novembre plaider à Bruxelles le projet de captage de CO2 (projet Ulcos) pour le site. Quant au site de Gandrange, il estime que "la promesse d’ArcelorMittal a été respectée, puisque sur les 571 suppressions de postes, 99% des salariés ont été reclassés".

Face à ces arguments sur le secteur sidérurgique, le sénateur Eric Bocquet souligne que désormais "seulement 16% du PIB dépend de l’industrie". Selon lui, il est temps d’arrêter cette tendance, et "d’agir en dehors du Fonds stratégique d’investissement, qui n’a rien réglé".

"Ne pas céder au déclinisme ambiant"

Le ministre reconnaît que l’industrie a reculé tant en termes d’emplois que dans la valeur ajoutée depuis les années 1980. Mais il ne veut pas céder au déclinisme ambiant. Il rappelle que l’industrie représente encore 3,7 millions d’emplois et que pour la première fois depuis 25 ans, l’emploi industriel s’est stabilisé.

Il affirme qu’il y a certes un problème de compétitivité en France, mais que tout ne peut pas être imputé à l’euro. Car la monnaie forte a été bénéfique à certains secteurs notamment l’aéronautique. "Nous voulons protéger notre industrie contre toutes les guerres de change et mener une politique industrielle ambitieuse", précise-t-il.

1 500 emplois

Les sénateurs ont réclamé au ministre un bilan à mi-parcours de l’aide à la réindustrialisation mise en place pour soutenir les PME et entreprises de taille intermédiaire. Il explique que 20 projets ont été soutenus, avec 350 millions d’euros d’investissements et la création de 1 500 emplois dans les bassins industriels depuis juillet 2010. Il note que tous les secteurs en profitent et que les objectifs du gouvernement (40 projets) seront dépassés.

Sécurisation des données stratégiques

Le rapporteur de la mission sur la désindustrialisation, Alain Chatillon, a demandé au ministre quelles applications ont été faites des 17 mesures proposées dans le rapport présenté en avril. Eric Besson estime qu’une partie des propositions est déjà en application et est déjà en cohérence avec la politique menée par le gouvernement. Pour les autres, il explique qu’elles sont en cours de mise en œuvre, notamment "le texte sur le confidentiel entreprise ou la sécurisation des données stratégiques".

Il convie le rapporteur à venir présenter le rapport devant la conférence nationale de l’industrie lors d’une prochaine séance plénière pour donner l’impulsion nécessaire de la mise en œuvre du rapport. Le rapporteur insiste sur "la nécessité d’un accompagnement des entreprises et le besoin d’un Grenelle des banques pour faciliter le contact des industriels avec les banquiers".

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