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EPR de Flamanville : Bouygues se sépare d'un sous-traitant

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Bouygues
© DR

Bouygues a rompu son contrat avec Atlanco. Une annonce qui survient alors que le géant du BTP est au centre d'une affaire d'accidents du travail non déclarés, relevés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le contrat rompu, les soixante-dix à quatre-vingts employés polonais du sous-traitant ont été renvoyés ce week-end, selon la CGT. Bouygues, qui pilote le génie civil sur le chantier, justifie cette rupture par « des questions de réglementations extrêmement compliquées à régler au niveau européen ». « Il s’agit d’une mesure de précaution pour répondre aux préconisations de l’Autorité de sûreté nucléaire », rapporte un porte-parole.

La semaine dernière, l'ASN a transmis à la justice un procès verbal recensant cent douze accidents du travail survenus en 2010 sur le chantier. Dont trente-huit accidents « à déclarer n'ayant pas fait l'objet d'une déclaration », selon une copie obtenue par l'AFP. D'après le procès-verbal adressé au procureur de Cherbourg, Atlanco, société de travail temporaire basée à Chypre, a omis de déclarer six accidents du travail. L'ASN déplore par ailleurs des irrégularités dans ses déclarations de cotisations sociales, selon plusieurs sources concordantes.

De son côté, Bouygues estime que la plupart des accidents non déclarés sont le fait de sous-traitants, dont Atlanco, sans toutefois en chiffrer le nombre. Le groupe de BTP attribuant par ailleurs certaines non déclarations à l’infirmerie du chantier, « dont le personnel n’est pas géré par Bouygues », et qui de son propre chef ne déclarerait pas des accidents jugés bénins. « Alors que Bouygues a signé au début du chantier un contrat auquel il se tient avec EDF, indiquant clairement que tout incident, si bénin soit-il devait être déclaré », précise le porte-parole.

Le départ d’Atlanco pourrait par ailleurs redorer l’image du chantier, où plusieurs salariés ont déjà trouvé la mort, et où les clauses sociales ne semblent pas être vraiment respectées. A ce titre, Atlanco, dont le siège social est à Chypre, vient en effet, selon la CGT du chantier, d’être mise en cause pour des prélèvements arbitraires sur le salaire de ses 80 salariés du chantier, tels des prélèvements illégaux d’argent pour les impôts et des taxes de sécurité sociale envoyées à Chypre, mais ni à la sécurité sociale, ni en Pologne.

La CGT avait d’ailleurs alerté l’ambassade polonaise sur ces pratiques ainsi que les autorités européennes. Ces dernières vont d’ailleurs diligenter une délégation qui viendra visiter le chantier et ausculter son fonctionnement le premier juillet prochain.

Le chantier de l'EPR a déploré ces derniers mois trois accidents du travail mortels. Le 11 juin un salarié de 32 ans de la société Endel est mort après une chute de 10 mètres. Le 24 janvier, un intérimaire de 37 ans employé par la société Normetal avait fait une chute mortelle qui a entraîné l'ouverture à Cherbourg d'une enquête en flagrance pour "homicide involontaire". La semaine dernière, un ouvrier qualifié d'Areva est mort dans un accident de la route en quittant le chantier, selon EDF et les gendarmes. Le chantier accuse un retard d'au moins deux ans.


Avec Ana Lutzky
 

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