EOS imaging veut séduire la Bourse avec l'imagerie médicale
Par GAELLE FLEITOUR - Publié le
Ex-filiale de Biospace Instruments, la société d'imagerie médicale Eos imaging veut lever plus de 30 millions d'euros sur Nyse Euronext. Et accélérer les ventes de ses équipements, entièrement produits en France.
Ne vous y trompez pas. Son produit phare, une grande cabine orange, n'est pas destiné au bronzage à la verticale. Car Eos imaging est un spécialiste de l'imagerie orthopédique 3D. Sa cabine hors normes balaye le patient de la tête au pied, en utilisant les techniques de détection mises au point par Georges Charpak, prix Nobel de physique en 1992 et fondateur d'EOS imaging.
Envoyées à un logiciel, les données permettent alors de reconstituer en 3D le squelette en position debout. Un procédé "unique au monde", selon la directrice générale de la société, Marie Meynardier, capable de calculer tout le bilan orthopédique d'un patient, avec ses paramètres anatomiques.
Et d'éviter ainsi les erreurs de données liées à la position couchée et les risques d'irradiation des techniques d'imagerie traditionnelles.
Le seul spécialiste en osteo-articulaire
Convaincue d'être l'unique spécialiste mondial en ostéo-articulaire, EOS imaging a donc décidé de tenter sa chance, en se lançant le 2 février sur Nyse Euronext. Son ambition : lever plus de 30 millions d'euros, avec une fourchette comprise entre 5,63 et 6,87 euros. Le résultat, connu le 14 février, devrait lui permettre de développer ses forces commerciales, pour vendre ses équipements - facturés en moyenne 400 000 euros en Europe et aux Etats-Unis, et associés à d'autres services payants -, et faire progresser son chiffre d'affaires. Si ce dernier avoisinait les 7 millions d'euros en 2011, la société n'était toujours pas rentable, avec 2,8 millions d'euros de pertes rien qu'au premier semestre.
Mais difficile de séduire les investisseurs en cette période ultraconcurentielle, car deux autres starts-up en santé - Intrasense et Adocia - tentent aussi de s'introduire en bourse ! "Notre gros avantage concurrentiel est que nous avons franchi les étapes de risque, estime Anne Renevot, directrice administrative et financiere d'EOS imaging. Nous délivrons des revenus depuis trois ans, et nous avons passé les barrières réglementaires."
Si elle est entendue, la société pourrait bien être amenée à réinvestir sur son site de production parisien, où elle conçoit la partie la plus critique du produit, le détecteur. Tandis que l'assemblage est confié à un sous-traitant en dispositifs médicaux, en Sologne.

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