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Eolien marin : "Le gouvernement réduit de manière disproportionnée le nombre de candidats"

Par Astrid Gouzik - Publié le
Eoliennes offshore

  Alors que l'appel d'offre pour les éoliennes offshore s'est clôturé mercredi 11 janvier, la filiale française de l’électricien portugais a d'ores et déjà annoncé qu'elle n'y participerait pas. Le 3ème opérateur mondial en éolien terrestre avait pourtant une carte à jouer. Se méfie-t-il, comme la fédération allemande des machines-outils, d’un éventuel favoritisme ? Frédéric Lanoë, directeur de la filiale française d’EDPR, fait le point avec L’Usine Nouvelle.

L'Usine Nouvelle - Pourquoi EDPR a renoncé à déposer un dossier dans cette première tranche de l’appel d’offre du gouvernement français pour l’installation d’éoliennes en mer ?
Frédéric Lanoë - Nous avons regardé de très près la première vague de l’appel d’offre français. Nous avons considéré que les chances de succès étaient trop minces pour que l’on dépense des sommes conséquentes pour se porter candidat.

L’appel porte sur 5 lots et 3 000 MW, pour vraisemblablement 3 consortiums. En Grande-Bretagne, il y avait une dizaine de lots pour 30 consortiums. C’est mathématique, plus il y a de lots, plus grandes sont les chances pour que les candidats se les disputent. Cela favorise la pluralité des offres et des candidatures. En réduisant le nombre de lots, le gouvernement réduit de manière disproportionnée le nombre de candidats.

D’autre part, le plan industriel est majeur, essentiel pour créer des emplois. Mais les industriels expliquent qu’il leur faut au moins deux lots pour que les besoins soient suffisants pour créer une usine en France. Donc le calcul est simple, avec deux industriels, quatre lots sur cinq sont déjà pris. Et dans la mesure où ces industriels ont été exclusifs à certains électriciens, cela limite assez vite les possibilités pour les challengers. Qu’il s’agisse d’ailleurs des challengers turbiniers ou électriciens.

Mais EDPR se tient prêt pour le deuxième appel d’offre ?
On peut supposer que dans le deuxième volet, le plan industriel sera toujours important. L’important est d’avoir le maximum d’emplois en France, donc de lancer un appel d’offre plus important.

La France est la deuxième ressource en vent en Europe, et le deuxième territoire maritime mondial, derrière les Etats-Unis. On devrait donc pouvoir faire plus que les Allemands et les Anglais. Soyons plus ambitieux, visons les 15 ou 20 000 MW.

La tranche ne devrait pas être à 3 000 MW mais plutôt à 5 ou 6 000 MW. La concurrence serait alors favorisée.

Si la France dispose bien de tous les atouts pour faire de l’éolien offshore, dans ce cas pourquoi est-elle si frileuse ?
Pendant longtemps, la France a fait le "monochoix" du nucléaire… Je pense que cela explique pas mal de choses. Mais l’actualité a fait que l’on a réalisé qu’il ne fallait peut-être pas mettre tous ses œufs dans le même panier, aussi bien au niveau des risques que de l’emploi.

Il y a une prise de conscience, mais elle est insuffisante. Et dommage qu’elle se fasse dans la douleur !

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