Environnement
SMAV CHAUFFE ET GAZÉIFIE SES DÉCHETS
Le Syndicat mixte Artois Valorisation (SMAV) parie sur la thermolyse pour traiter ses ordures ménagères.
Arthélyse ouvrira ses portes durant le premier trimestre 2004 à Arras, dans le Nord. Cette usine de retraitement des déchets, en cours de construction, à l'initiative du Syndicat mixte Artois Valorisation (SMAV), présente une originalité de taille. C'est la première de ce type en France à utiliser la thermolyse. Un procédé développé par le français Thide Environnement et l'Institut Français du Pétrole. L'organisme territorial, chargé du traitement des déchets de 121 communes, n'a pas hésité à débourser 24 millions d'euros (5,2 millions sont apportés par l'Ademe). L'objectif est de traiter 50 000 tonnes de déchets par an, dont 35 000 tonnes d'ordures ménagères non recyclables, qui jusqu'ici étaient enfouies sous terre. Une pratique interdite par la loi de 1992, à partir de l'été 2002.
Une technologie propre
Restait donc la solution de l'incinération. Insatisfaisante aux yeux du SMAV : elle impose de traiter de gros volumes pour être rentable, et donc de s'installer loin des agglomérations. " Pour les petites unités de traitement - moins de 100 000 tonnes par an - la thermolyse est mieux adaptée ", souligne Fabrice Sirop, directeur du Syndicat. Surtout, cette technologie, aussi baptisée pyrolyse ou gazéification, est propre. Elle réduit le volume des fumées rejetées, et supprime les émissions de dioxyde dans l'atmosphère, les déchets n'étant plus brûlés, mais chauffés à 500 °C pour subir une dégradation thermique. Ce qui conduit à la formation de gaz de thermolyse et de solides carbonés, et permet de récupérer un produit final déchloruré, utilisable comme combustible, ainsi que du carbone disponible pour des industriels. Avant d'arrêter sa décision, le SMAV a voulu voir. Ses représentants ont visité l'usine pilote de Thide Environnement à Dreux (Eure-et-Loir), et se sont rendus au Japon, à Nakaminato, où une usine fonctionne depuis 1999 selon ce procédé vendu sous licence par Hitachi. " Les Japonais s'y sont intéressés dès 1990 pour régler les problèmes liés aux émissions de dioxines de leurs vieux incinérateurs. Ils ont alors cherché à acquérir les technologies européennes ", indique Jean-Charles Lavigne-Delville, P-DG de Thide Environnement. A Nakaminato, l'entreprise française a réalisé l'ingénierie de base, fourni les équipements, supervisé le montage et la mise en service. L'usine nippone a rempli ses objectifs. Hitachi a depuis signé deux nouvelles commandes au Japon. De notre correspondante
Chiffres clés
LE MONTANT
24 millions d'euros et 20 emplois (dont 10 créations) d'ici à 2 004.
LE SMAV
Syndicat intercommunal chargé de valoriser les déchets, représentant 121 communes de l'Artois, de Bapaume et du Val de Jy (soit 131 982 habitants).









