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EnvironnementSÉCHÉ S'EMPARE DE TREDILes deux poids moyens français du traitement de déchets industriels vont se regrouper. Et tenter de créer une autre voie face à Suez et Vivendi.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2821

Environnement

SÉCHÉ S'EMPARE DE TREDI

Les deux poids moyens français du traitement de déchets industriels vont se regrouper. Et tenter de créer une autre voie face à Suez et Vivendi.



Alors que les interrogations les plus folles courent sur Vivendi Environnement, c'est chez les poids moyens que les choses bougent. Séché Environnement, le numéro 4 français des déchets industriels, devrait bientôt s'approprier son concurrent Tredi. Issu du groupe public EMC, mais en Bourse depuis juillet 2000 avec le financier Apax comme deuxième actionnaire, Tredi, présidé par Marc Londchal, 66 ans, est valorisé 266 millions d'euros par l'opération. Une opération qui, pour Séché, suit le rachat à l'automne d'Alcor, le pôle déchets de la CDC, qui, avec un chiffre d'affaires de 76 millions d'euros, lui avait déjà permis de doubler de taille.

Des positions affirmées

Joël Séché, 47 ans, fondateur du groupe, devrait détenir 46 % du nouvel ensemble (63 % des droits de vote). Et ce à côté des deux actionnaires majeurs de Tredi, qui vont entrer au capital de Séché, prenant 13 % (9 % des droits de vote) pour EMC et 7 % (6 % des droits de vote) pour Apax. Cette fusion est un petit événement sur le marché fermé des déchets industriels, dominé par Sarp (Vivendi Environnement) et Sita (Suez). Séché, né de la création en 1986 d'une décharge de déchets ménagers, puis industriels à Changé, près de Laval, restait jusque-là surtout cantonné au métier du stockage. Sur celui-ci, la société a réussi une véritable " success story ", prenant un quart du marché au nez de Sita et Sarp. L'entreprise a su néanmoins dégager des marges nettes confortables (14 % en 2001 !) sur un marché de 4,5 millions de tonnes, où le coût de traitement varie de 200 à 600 euros la tonne. Croulant sous une trésorerie plantureuse, Séché va l'an prochain voir sa dette approcher 90 % de ses fonds propres. Quant à Tredi, c'est le numéro 3 français de l'incinération des déchets industriels spéciaux (DIS) grâce notamment à ses sites de Salaise, dans le couloir de la chimie, et de Saint-Vulbas. Numéro 1 de la régénération de solvants, le groupe est aussi connu pour sa maîtrise du traitement des déchets au pyralène avec plusieurs installations dans le monde. Il possède aussi en Alsace Stocamine, le seul centre de stockage souterrain français. Côté emploi, la fusion ne devrait pas avoir d'impact lourd. " Nous sommes dans une optique de développement, pas de restructuration ", juge Philippe Leblanc, directeur général de Séché. La société, dont le siège restera à Laval, regroupera les services centraux de Tredi (35 personnes à Paris) et ceux de son bureau parisien (10 personnes).

Des complémentarités géographiques

Plus largement, " cette fusion présente tous les avantages. Elle nous donne une couverture réellement nationale et est très complémentaire en termes de mode de traitement. Permettant, désormais, une offre complète pour nos clients industriels ", s'enthousiasme Philippe Leblanc. Une orientation que le groupe entend développer sous la marque Séché Global Solution - traduction, à son échelle, de l'approche marketing multiservice menée au plan mondial par les géants Vivendi ou Suez. L'acquisition de Tredi ouvre aussi les portes de l'international à Séché, jusque-là franco-français. Tredi (22 % du chiffre d'affaires à l'étranger) est présent notamment en Hongrie, au Brésil (usine Bayer), en Espagne et au Salvador. " Notre priorité reste le marché européen ", note toutefois Philippe Leblanc. A côté de groupes de taille moyenne comme le britannique Shanks, lui aussi en forte croissance, ou AVR, aux Pays-Bas, et derrière les quatre géants Suez, Vivendi, RWE et Severn Trent, " Séché figure désormais dans la dizaine de groupes européens qui commencent à compter ", se félicite Philippe Leblanc.



LE POIDS DU NOUVEAU GROUPE

Séché Environnement détiendra 15 % du marché du traitement des déchets industriels spéciaux (hors cimenterie), derrière Suez (45 %) et Vivendi Environnement (30 %).

Avec Tredi et l'intégration d'Alcor, les facturations atteindront 350 millions d'euros en 2002, dont 60 % avec l'industrie.

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