ENVIRONNEMENT900 millions dans l'incinération pour TrediLe projet que lance Tredi en Loire-Atlantique est le troisième volet d'un plan d'investissement, en France, de 900 millions de francs, programmé d'ici à 2003. La filiale d'EMC se prépare ainsi à l'échéance de 2002 sur le traitement des déchets.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2658ENVIRONNEMENT
900 millions dans l'incinération pour Tredi
Le projet que lance Tredi en Loire-Atlantique est le troisième volet d'un plan d'investissement, en France, de 900 millions de francs, programmé d'ici à 2003. La filiale d'EMC se prépare ainsi à l'échéance de 2002 sur le traitement des déchets.
Le compte à rebours du projet Tredi à Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique, a commencé. La construction de ce centre d'incinération de déchets industriels banals et spéciaux (DIB/DIS), d'une capacité de 80 000 tonnes par an, devrait démarrer fin 2000, pour une mise en service deux ans plus tard. Les appels d'offres, pour cet investissement de 300 millions de francs, devraient donc débuter après l'autorisation préfectorale, attendue pour l'automne de 1999. " Les lots les plus importants seront les équipements de lavage des gaz de combustion et l'ensemble turbine-alternateur ", expose Daniel Baumgarten, directeur du développement de Tredi et P-DG de Tredi Loire, l'exploitant de cet outil industriel. Mais d'autres appels d'offres sont également à attendre pour la collecte des déchets, la maintenance et le gardiennage...
Pas de projet concurrent connu à ce jour dans l'Ouest
Ce programme suit de très près deux autres projets de même envergure. En effet, Tredi investit 300 millions de francs en Isère, pour porter à 120 000 tonnes la capacité de son centre de Salaise (les appels d'offres sont en cours). Et, d'ici à un an, Tredi relancera une compétition pour une autre usine de 80 000 tonnes à Beaufort, dans le Jura. Soit, au total, entre 1999 et 2003, un engagement de près de 900 millions de francs d'investissements en France. En choisissant Montoir-de-Bretagne, Tredi compte rééquilibrer géographiquement son activité, traditionnellement cantonnée dans l'est de la France. L'entreprise souhaite également être la première à s'installer " dans une région où, pour l'instant, aucun projet concurrent ne s'est manifesté ".
Une implantation soigneusement étudiée
Initialement prévue pour ac-cueillir des déchets industriels collectés dans un rayon de près de 150 kilomètres, l'usine devrait rapidement porter ce dernier à 250 kilomètres, pour une capacité de traitement de 60 000 tonnes de DIB par an (75 % du tonnage). Un volume principalement constitué de déchets mêlés, comme les bois agglomérés et les fûts de peinture... Le site sera également conçu pour traiter 10 000 tonnes de DIS liquides, et, à tonnages égaux, des DIS solides, des boues de stations d'épuration, des déchets toxiques en quantités diverses (DTQS) et des déchets ménagers spéciaux. Tredi Loire, qui créera localement 60 emplois directs et autant d'emplois induits, espère atteindre un chiffre d'affaires annuel de 100 millions de francs. " C'est le ratio habituel. Pour 1 franc de chiffre d'affaires, il faut en avoir investi 3 ", explique Daniel Baumgarten. Le site de Montoir, installé sur une ancienne friche de Grande Paroisse (cédée par Elf Atochem), présentera plusieurs particularités techniques. Tout d'abord, Tredi Loire disposera d'une alimentation directe en gaz fournie par le terminal méthanier tout proche. Il bénéficiera également d'un transformateur d'EdF capable d'absorber le surplus d'électricité - la chaleur de la combustion étant transformée en électricité - ainsi que du voisinage immédiat d'Air liquide, son fournisseur d'azote - nécessaire au refroidissement - et d'air comprimé. Enfin, l'usine hérite d'un embranchement ferroviaire qui lui permettra d'évacuer les mâchefers et les scories vers Laval, siège de Séché Environnement, en charge de leur stockage. Finalement, l'échec du rapprochement entre Séché et Tredi (voir " L'Usine Nouvelle " du 30 octobre 1997) n'a pas empêché les deux entreprises de faire jouer leurs complémentarités pour être prêtes en 2002, année à partir de laquelle les décharges seront seulement réservées aux déchets ne pouvant plus être recyclés.
Des projets aussi a l'etranger
Filiale du groupe public Entreprise minière et chimique, Tredi (875 salariés) table sur un chiffre d'affaires supérieur à 850 millions de francs cette année (contre 784 millions en 1997). Spécialisée dans le traitement des déchets industriels, les services et le conseil appliqués à l'environnement et la logistique des déchets, l'entreprise, dont la capacité d'autofinancement a atteint 129 millions de francs l'an dernier, compte entrer au second marché d'ici à deux ans pour financer son développement à l'étranger (l'Etat pourrait alors ne plus détenir la majorité de son capital). En effet, parallèlement à ses projets français, Tredi a notamment annoncé la construction d'une usine d'incinération de déchets chlorés en Hongrie, et celles d'une unité d'incinération et d'une usine de décontamination de transformateurs électriques isolés au PCB à Taiwan.

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