Entreprises high-tech : qui est le plus écolo ?

Le 26 juin 2008 par Redaction L'Usine Nouvelle
recyclageelectronique

Comme chaque année, Greenpeace distribue ses mauvais points aux grands fabricants. C'est Sony-Ericsson qui s'en sort le mieux grâce à la suppression du PVC de ses produits. Mais d'autres enjeux apparaissent : la consommation énergétique, et surtout le rec

Greenpeace a publié mercredi 25 juin la 8ème édition de son « Guide pour une high-tech responsable », qui note les grands fabricants mondiaux d'équipements électroniques (téléphones mobiles, ordinateurs, téléviseurs, consoles de jeux) en fonction de critères environnementaux. Premier de ce classement : Sony-Ericsson, dont les efforts ont notamment porté sur l'élimination du PVC de ses produits. Cependant, même Sony Ericsson n'obtient la moyenne que de justesse.

Outre l'élimination du PVC (plastique chloré), le constructeur a également abandonné les composés d'antimoine et de béryllium ainsi que les phtalates de ses modèles commercialisés depuis janvier. En revanche, il récolte un blâme sur les questions des déchets, déclarant notamment un taux de recyclage de 1 à 13 %. Sony, qui obtient la même note globale, s'en tire mieux sur les déchets. Le fabricant recycle 53 % de ses téléviseurs et de ses PC.

Nokia, qui communique beaucoup sur le développement durable, aurait pu sortir premier du classement, mais termine troisième à cause d'un malus attribué pour cause de « double discours » en matière de recyclage. D'après les enquêtes de Greenpeace, les employés de la marque ne seraient pas au courant des programmes de reprise mis en place en Inde. En revanche, le constructeur finlandais utilise 25 % d'énergies renouvelables, et compte porter cette part à 50 % de sa consommation en 2010. Philips, lui aussi, est stigmatisé pour son double discours. Alors que la marque reconnaît sur son site Web international les bénéfices de la Responsabilité individuelle du producteur, elle fait partie d'un lobby aux Etats-Unis qui plaide pour faire porter au consommateur la charge financière du recyclage.

Nintendo finit bon dernier, plombé par l'absence totale de recyclage de ses déchets.




Le rapport de Greenpeace attribue des notes sur 10 aux fabricants d'après les informations qui sont à disposition du grand public, selon trois types de critères : la gestion des substances chimiques toxiques (application du principe de précaution, élimination du PVC...), la gestion des déchets électroniques (programme de reprise, information client, fabrication à partir de plastique recyclé...), et la prise en compte de l'enjeu climatique (efficacité énergétique, utilisation des énergies renouvelables pour la production...), cette dernière étant une nouveauté par rapport à l'année précédente. Les critères déjà existants se sont par ailleurs durcis par rapport aux éditions antérieures, ce qui rend la comparaison impossible. « C'est comme si on reprenait tout à zéro », reconnaît Iza Kruszewska, en charge des dossiers Toxiques à Greenpeace International.

Malgré tout, l'organisation reconnaît les efforts réalisés par certains fabricants. « Nous avons vu des améliorations, surtout dans le domaine du recyclage des déchets électroniques. La plupart des fabricants communiquent aujourd'hui sur la part de matériels qu'ils recyclent. Ce qui nous permet de comparer leurs performances. » Bien que Greenpeace reproche nombre de négligences écologiques aux entreprises high-tech - les TIC contribuent autant que l'aéronautique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit 2 % -, Iza Kruszewska admet que ces dernières sont en avance par rapport à d'autres secteurs, en partie grâce à plusieurs directives européennes dont le secteur a fait l'objet. Elles restent en même temps très compétitives, ce qui est au final plutôt bon signe pour l'avenir.

Le prochain défi, pour l'ONG, consiste maintenant à convaincre les grands du secteur high-tech à ne plus seulement s'engager dans du lobbying « contre », mais au contraire à soutenir activement les projets de directives allant dans le sens d'une plus grande responsabilité environnementale.

Lire le rapport complet de Greenpeace

Un sommet pour le recyclage à Bali

Du 23 au 26 juin a lieu la 9ème réunion annuelle de la Convention de Bâle « pour le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux ». Au centre des discussions cette année, à Bali : le recyclage des téléphones portables et des équipements informatiques.

De nouvelles directives techniques devraient être édictées pour faire face à ce nouveau défi. 3 milliards de téléphones mobiles sont aujourd'hui en circulation, qui atterriront tôt ou tard dans une poubelle. L'objectif est d'éviter que ces déchets soient exportés vers les pays émergents pour y être stockés et traités, alors que ces derniers ne possèdent pas les infrastructures nécessaires.

Les déchets électroniques commencent à poser des problèmes de santé publique et d'environnement en Inde et en Chine, trop fréquemment utilisés comme les décharges des pays développés. 80 % des composants électroniques venant des Etats-Unis (le seul pays industrialisé qui n'a pas ratifié la Convention de Bâle) se retrouvent ainsi à l'étranger, notamment en Chine et plus récemment en Inde, pour y être recyclés. Là-bas, ce sont souvent les populations pauvres qui extraient les métaux utiles au recyclage, entrant ainsi en contact avec des substances dangereuses pour la santé (plomb, cadmium, mercure...). Le reste est brûlé dans les décharges, ce qui contamine les sols.


Raphaële Karayan

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