ENSEIGNEMENT SUPERIEURL'Europe à petits pasVingt-sept pays se sont engagés dans la voie d'une harmonisation de leurs systèmes universitaires. Un travail de longue haleine.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2693

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

L'Europe à petits pas

Vingt-sept pays se sont engagés dans la voie d'une harmonisation de leurs systèmes universitaires. Un travail de longue haleine.



L'éducation passionnerait-elle les pays européens ? En mai 1998, quatre pays (l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne et la France) s'étaient réunis à la Sorbonne pour signer une déclaration commune en faveur de la création d'un " espace d'enseignement supérieur européen ". Un an plus tard, les 18 et 19 juin, c'est vingt-sept ministres chargés de l'enseignement dans l'Europe des Quinze ou en Europe de l'Est qui se sont retrouvés à Bologne, en Italie, pour relancer l'idée d'un rapprochement entre les différents systèmes d'enseignement supérieur. Au final, une demi-douzaine d'objectifs communs ont été définis. Parmi eux : " l'adoption d'un système de diplômes facilement lisibles et comparables ", " l'adoption d'un système qui se fonde essentiellement sur deux cursus, avant et après la licence ", et la " mise en place d'un système de crédits comme moyen approprié pour promouvoir la mobilité des étudiants ". Et la promesse de se retrouver dans deux ans pour évaluer le chemin parcouru. Un chemin qui risque d'être semé d'embûches. Ainsi, le système des échanges universitaires reste encore à améliorer. Les grandes écoles et les universités européennes ont, certes, noué depuis plusieurs années des relations de partenariat afin de répondre à la demande des entreprises, soucieuses de recruter des profils internationaux. En 1999, 200 000 étudiants ont ainsi bénéficié du programme d'échanges de la Commission européenne, Erasmus. Mais, au total, seuls 10 % des étudiants européens effectuent une partie de leur cursus à l'étranger.

" Plus de systèmes que de pays "

Et le constat dressé lors des rencontres de Bologne par un expert indépendant, Guy Haug, à la demande de la confédération des recteurs européens n'est guère encourageant sur l'harmonisation des cursus universitaires. " Il y a plus de systèmes que de pays ", ironise l'auteur du rapport, qui pointe, notamment, les différences en matière d'organisation des études et de nombre de diplômes. Reste, pour Guy Haug, quelques tendances communes qui sont autant de pistes pour un rapprochement des systèmes universitaires. Ainsi, la plupart des pays - à l'exception de l'Autriche, de la Grèce, la Belgique et la France - se sont engagés dans la mise en place d'un système de crédits sur lequel pourrait reposer la reconnaissance des diplômes. Nombre d'Etats membres tentent également de raccourcir la durée des études et de développer les filières courtes afin de permettre une arrivée plus rapide des jeunes sur le marché de l'emploi. Enfin, le mastère (cinq ou six années après l'équivalent du baccalauréat) paraît s'imposer comme le niveau de sortie commun à un grand nombre de pays. Les récentes réformes des systèmes éducatifs en Allemagne et en Europe de l'Est en témoignent. En France, Claude Allègre s'est également engagé dans cette voie en présentant, lundi 21 juin, au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche, un mastère professionnalisé qui viendrait, à l'issue de cinq années d'études, s'insérer entre la licence (bac + 3) et le doctorat (bac + 8). Et en travaillant à la création d'une licence professionnelle pour 2001. Autant de projets qui entrent dans le cadre des objectifs européens, mais qui sont loin de faire l'unanimité auprès des acteurs nationaux - enseignants comme étudiants. Agnès Laurent







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