ENERGIEUne usine taillée pour la conquête mondialePour augmenter ses parts de marché à l'international, SDMO Industries réorganise son outil industriel et construit à Brest, pour un investissement de 50millions de francs, une usine de groupes électrogènes standards.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2472

ENERGIE

Une usine taillée pour la conquête mondiale

Pour augmenter ses parts de marché à l'international, SDMO Industries réorganise son outil industriel et construit à Brest, pour un investissement de 50millions de francs, une usine de groupes électrogènes standards.



Le premier coup de pioche vient d'être donné. La nouvelle usine brestoise du numéro 1 français

du groupe électrogène, SDMO Industries, sera opérationnelle mi-1995. Un investissement de 50millions de francs qui permettra de réorganiser la production pour mieux affronter la concurrence internationale. "Nous voulons réduire notre dépendance vis-à-vis de la politique d'EdF en France. Notre stratégie à l'export, lancée depuis environ cinq ans, commence à porter ses fruits", explique Emmanuel Altmayer, directeur général adjoint de SDMO Industries. Avec un chiffre d'affaires de 1,3milliard de francs en 1994 (dont 85% réalisé avec des groupes électrogènes standards et semi-standards), cette filiale du groupe familial Meunier devrait bientôt arriver à franchir le seuil de 50% de ses ventes à l'export. "Pour y parvenir, nous devons être plus compétitifs", avance Emmanuel Altmayer. Allusion faite au principal rival de SDMO Industries. L'irlandais F.G. Wilson, présent dans le monde entier, pratique en effet des prix souvent plus faibles sur les mêmes gammes de produits, les petits groupes standards de moins de 2mégawatts. Autre problème du fabricant brestois: les fluctuations monétaires de la livre anglaise et de la lire italienne ont affecté, ces derniers temps, les marges sur ses comptes à l'export.

Aujourd'hui, pour aligner ses prix sur la concurrence, le leader français du groupe électrogène veut améliorer la productivité de ses usines. Tout d'abord, la construction de la nouvelle unité brestoise permettra de moderniser l'outil industriel. Notamment en augmentant l'automatisation de la manutention et en installant des lignes de montage modulaires. Conçue pour fonctionner en juste-à-temps, cette usine de 15000mètres carrés couverts doit permettre de réduire les surcoûts de stockage. A terme, elle permettra de fermer deux des quatre sites bretons. En effet, SDMO Industries ne veut conserver que deux unités à Brest: l'une pour la production des groupes standards, l'autre pour le semi-standard, qui s'adresse principalement au marché français. "Ces deux types de fabrication sont difficilement conciliables et, d'autre part, l'usine semi-standard étant relativement récente, nous n'envisageons pas de regrouper ces deux productions", explique Emmanuel Altmayer.

Serrer les prix au maximum

De même, côté matériels spéciaux (principalement destinés au secteur militaire), SDMO Industries conserve l'usine de Trappes de l'ex-filiale Société des moteurs thermiques (SMT), définitivement absorbée par le groupe en juillet dernier. Cette rationalisation de la production devrait permettre de serrer les prix au maximum pour gagner des parts de marché à l'étranger.Parallèlement, SDMO Industries, déjà bien implanté en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie, veut renforcer son agressivité commerciale sur ces deux dernières régions à fort potentiel. Côté européen, il se "mijote" des discussions, notamment avec l'Allemagne, pour la création de filiales. Sans pour autant perdre la place de leader en France.

La diminution des investissements des industriels de l'Hexagone dans les groupes électrogènes pour EJP pousse l'entreprise à développer des groupes adaptés à la production autonome d'électricité (avec revente à EdF) ou à la cogénération.



LES atouts de SDMO industries

Investissement : 50millions de francs.

Implantation : Une nouvelle usine de près de 15000mètres carrés couverts, dont 13800 pour les ateliers, le reste pour les bureaux et les vestiaires.

Situation : Près de Brest, entre le siège de SDMO et l'aéroport, dans la zone industrielle de Kergaradec.

Production : Matériels standards essentiellement destinés à l'export.

Financement : Aides partielles du département et de la communauté urbaine de Brest.La majorité du projet est autofinancée sur les fonds propres de l'entreprise.

Chiffre d'affaires : 681millions de francs en 1988, a pratiquement doublé pour atteindre 1,14milliard en 1993.

Sites industriels existants : Quatre usines dans la région brestoise pour la production de groupes électrogènes standards et semi-standards. Une usine à Trappes pour la fabrication de groupes sur mesure,

dits "spéciaux".

A terme, deux sites seront fermés sur la Bretagne, afin de concentrer l'outil de production et d'en augmenter la productivité.

Effectifs : En faible progression depuis quatre ans, l'entreprise emploie 427personnes aujourd'hui. Elle s'est engagée à créer 60nouveaux emplois dans les trois années à venir, en recrutant sur le bassin d'emploi.

Implantations commerciales : Cinq agences régionales et deux réseaux de vente avec GEC-Alsthom. 150agents répartis dans une centaine de pays et trois filiales :(Espagne, Angleterre et une participation de 37% avec les Chinois à Singapour).

USINE NOUVELLE - N°2472 -

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