EnergieL'INSTITUT FRANÇAIS DU PETROLE DESTABILISEJours de tempête, sur le plus grand centre de recherche européen sur les hydrocarbures et les moteurs, au moment de la double offensive de Technip sur Coflexip et sur Isis.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2787Energie
L'INSTITUT FRANÇAIS DU PETROLE DESTABILISE
Jours de tempête, sur le plus grand centre de recherche européen sur les hydrocarbures et les moteurs, au moment de la double offensive de Technip sur Coflexip et sur Isis.
Querelles de personnes. Incertitude sur les sources de financement. Changements en profondeur résultant du nouveau contrat d'objectifs 2001-2005 avec l'Etat. Redéfinition de la vocation des participations industrielles. Au moment où deux de ses plus prestigieux " enfants ", Technip et Coflexip, préparent leur mariage, l'Institut français du pétrole (IFP) traverse, pour la première fois de son histoire, une passe difficile. Et préoccupante, pour les 1 925 salariés de cet " établissement professionnel ", de droit privé mais sans but lucratif et sous la tutelle de Bercy, qui, depuis sa création, en 1944, a accumulé un formidable savoir-faire dans les hydrocarbures et les moteurs (1 300 brevets déposés). Au sommet du centre de recherche de Rueil-Malmaison, deux grands commis de l'Etat, Claude Mandil, le président de l'Institut, et son directeur général, Daniel Morel, s'affrontent. Et leurs divergences sont aujourd'hui sur la place publique. Claude Mandil, X-Mines, 59 ans, ancien patron du BRGM, de la Direction générale de l'énergie et des matières premières au ministère de l'Industrie, est arrivé en mars 2000 de la direction générale de Gaz de France. Il a pour lui le soutien sans faille des tutelles de l'Institut. Daniel Morel, 47 ans, administrateur civil venu de Bercy et des cabinets ministériels de Pierre Bérégovoy, de Michel Charasse et de Michel Sapin, avait été désigné par Pierre Jacquard, l'ancien président et directeur général de l'Institut pour être son successeur. Daniel Morel a dû s'incliner, le conseil d'administration ayant refusé cette succession interne, à une voix près.
Les querelles s'enveniment à un moment critique
Mais les traces ont perduré. Avant le lancement de l'OPE de Technip sur Isis, le holding des participations de l'IFP (dont 11,28 % de Technip et 17 % de Coflexip), le conflit s'est envenimé. " Des schémas alternatifs ont été étudiés par des conseils extérieurs sans que le président ait été prévenu. Et ces schémas n'étaient ni fiscalement ni financièrement acceptables ", affirme-t-on à Bercy, où l'on déplore des " fuites " venues de certains administrateurs qui ont failli faire capoter l'opération. Ces querelles interviennent de surcroît alors que l'Assemblée nationale a adopté le 28 juin la proposition de loi de Didier Migaud, député PS de l'Isère, visant à abroger l'ordonnance de 1959 qui légitimait les taxes parafiscales. Notamment la " taxe IFP " de 1,92 centime par litre sur les carburants, qui alimente, à hauteur de 65 %, le budget de l'IFP de 2 milliards de francs. Avant la fin de 2002, Matignon devra trancher entre la création d'un nouvel " impôt affecté " et la " budgétarisation " de ses ressources. Un groupe de travail dirigé par Didier Houssin, le directeur des hydrocarbures, travaille sur le sujet. Autre tournant, pour l'IFP : son nouveau contrat d'objectif, qui, à la différence des précédents, va mettre l'accent sur l'environnement et le développement durable. Les recherches sur l'amont pétrolier porteront en priorité sur l'accès aux gisements. Celles sur l'aval vont être réorganisées autour de la nouvelle filiale Axens (l'ex-Procatalyse augmentée des activités de bailleur de licences de procédés de raffinage, pétrochimie et gaz de l'IFP). De plus, l'absorption d'Isis par Technip va obliger l'IFP, non seulement à créer un nouveau vecteur pour gérer son portefeuille de participations, mais aussi de revenir à sa vocation d'origine : la valorisation de ses innovations, notamment par des opérations de capital-risque. Et l'Institut devra également se prononcer avant la fin de l'an prochain sur la participation de 12,3 % que détenait Isis dans la CGG (la Compagnie générale de géophysique), et que l'IFP va acheter à Technip. Une lourde décision, dont dépendra le sort du numéro 2 mondial de la sismique pétrolière. Alain Jemain
D'Isis à " Osiris "
La future société holding de l'IFP, connue sous le nom de code Osiris, comprendra
10,6 % du nouveau Technip-Coflexip
100 % d'Axens
12,3 % de la CGG
Des participations dans des sociétés non cotées.

dans la même rubrique
26/05/2012 La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle26/05/2012 Areva tourne vers L’Australie
26/05/2012 Le jurassien Tech Power revisite la signalétique












