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Encore un effort pour les boursiers

Le 18 février 2010 par A. D. | L'Usine Nouvelle n° 3180

De 48 à 10 % d'élèves boursiers, l'écart entre les écoles est vaste. Cette situation laisse une marge de manoeuvre élevée pour atteindre l'objectif du gouvernement.

Objectif 30 % de boursiers. Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, l'a annoncé clairement : les grandes écoles doivent s'ouvrir à la diversité et redevenir un moteur de l'ascenseur social. Le 2 février, elle a signé, avec Yazid Sabeg, le commissaire à l'égalité des chances, et des représentants de la Conférence des grandes écoles (CGE) et de la Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs (Cdefi), une convention engageant fermement les écoles en ce sens.

Si les établissements en tête du palmarès de « L'Usine Nouvelle » sur le critère du taux d'élèves boursiers dépassent allègrement cet objectif, beaucoup d'autres ont du chemin à parcourir. En témoigne, au bas du tableau, des écoles publiques comme Centrale Lyon (10,9 %), Polytechnique (11 %), les Mines ParisTech (13,3 %) ou des écoles privées comme l'Ecole supérieure d'ingénieurs Léonard de Vinci (10,3 %), à la Défense, ou l'Ecole de biologie industrielle (11 %) à Cergy (Val-d'Oise). La Cdefi reste toutefois confiante dans la capacité de ses membres à atteindre l'objectif. En moyenne, les écoles accueillent déjà 26 % d'élèves boursiers. Les classes préparatoires ayant atteint les 30 % cette année, le nombre de boursiers devrait mécaniquement augmenter dans deux ans, lorsque les taupins arriveront dans les écoles.

ETUDIER LES MODALITÉS DU CONCOURS D'ADMISSION

Sans compter les opérations déjà lancées pour renforcer leur ouverture sociale. « Les écoles participent presque toutes au dispositif des Cordées de la réussite ou à des projets similaires », estime Alexandre Rigal, le directeur délégué de la Cdefi. Ces initiatives visent à sensibiliser les collégiens et les lycéens de quartiers défavorisés aux métiers scientifiques, pour les inciter à s'orienter vers les écoles d'ingénieurs. Des établissements privés trouvent aussi d'autres systèmes que les bourses d'Etat pour subventionner leurs étudiants. « Notre fondation distribuait 50 000 euros de bourses par an. Cette année, nous sommes passés à 200 000 euros, explique Jean-Michel Nicolle, le directeur de l'EPF, à Sceaux (Hauts-de-Seine). Nous avons créé une réserve supplémentaires de 300 000 euros dans le budget. »

Même les grandes écoles parisiennes veulent modifier le profil de leurs étudiants. L'Ensta ParisTech étudie ainsi les modalités du concours d'admission, en prenant en compte les épreuves les plus discriminantes socialement. Des initiatives qui obligeront les écoles à mettre en place des aides supplémentaires (tutorat...) pour aider ces étudiants issus de filières parallèles à obtenir le même diplôme que les autres.

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