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En plein scandale de la dioxine, la filière porcine française en colère

Par Barbara Leblanc - Publié le
porc
© DR

Après les producteurs de lait, c’est au tour des éleveurs de porcs de manifester leur mécontentement face à la hausse des coûts de production et leur inquiétude face aux répercussions négatives du scandale de la dioxine en Allemagne.

Ils étaient plusieurs centaines de producteurs à manifester dans les rues de Paris le 26 janvier, venus pour exprimer leur désespoir : « nous nous enfonçons dans une crise sans précédent qui est déjà fatale pour près de 15% d’entre nous », selon Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine.

Le motif de leur protestation repose sur le cours du porc qui est trop bas par rapport au prix de l’aliment payé pour nourrir les animaux, selon eux. En effet, actuellement, le cours du porc est de 1,15 euro de base, contre le 1,50 euro réclamé.

« Marge de manœuvre des industriels »

La crise que connaît le secteur a entraîné pas moins « de 10% de dépôts de bilan sur les 6 000 exploitations porcines de Bretagne », par exemple, souligne François Valy, responsable de la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles) en Bretagne.

Dans le viseur des producteurs, la grande distribution et les industriels, qui auraient « des marges de manœuvre pour répercuter la hausse des coûts de production ». « Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils utilisent tous les moyens pour que la grande distribution  ne reste pas plus longtemps sourde à nos demandes », a expliqué Jean-Michel Serres.

Information du consommateur

Les fédérations de producteurs réclament entre autres l’application de l’accord du 15 décembre 2010 prévoyant une meilleure information des consommateurs sur l’origine des produits.

Ces mouvements de manifestation interviennent en effet en plein scandale de la dioxine en Allemagne, qui a entraîné une baisse du cours du porc sur place. « Les producteurs français n'ont pas envie de payer pour les erreurs commises en Allemagne, répète Jean-Michel Serres. Notre production reste de qualité, elle est tout à fait saine, la moindre des choses c'est que cela soit indiqué au consommateur ». 

En réponse à ces manifestations, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, encourage la grande distribution à jouer le jeu de l’étiquetage de la viande de porc et appelé producteurs, industriels et distributeurs à sortir d’une logique d’opposition et appliquer « une politique de filière ».

 

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