En Libye, les entreprises françaises veulent des contrats
Par Solène Davesne - Publié le
A Tripoli, les marchands de T-shirts aux nouvelles couleurs du drapeau libyen ont tranquillement envahi les rues du centre-ville. Le calme est revenu, le temps des affaires aussi. Le secrétaire d'Etat au commerce extérieur Pierre Lellouche a accompagné sur place hier 80 entreprises françaises – dont une petite moitié de PME – à Tripoli pour rencontrer les nouveaux maîtres libyens.
"Nous ne sommes pas venus signer des contrats aujourd'hui mais initier des coopérations", prévient Pierre Lellouche. Alors que les combats continuent encore à Syrte, plus à l'Est, l'heure des grands contrats est pourtant encore loin.
L'absence de gouvernement stable – le CNT doit être remplacé dans quelques semaines par un gouvernement provisoire – bloque toute négociation. "Il n'y a encore personne d'habilité pour signer un contrat car le gouvernement reste provisoire. Cela va prendre du temps même si le potentiel est énorme", souligne un cadre local d'Alcatel-Lucent, l'une des rares entreprises – avec Total – à avoir déjà repris ses opérations libyennes.
Pour les entreprises françaises, il s'agit surtout de réactiver leurs réseaux. "Nous ne savons pas à qui nous devons nous adresser au niveau décisionnel. Les directeurs techniques et achats de nos partenaires sont restés en place mais pas les dirigeants", reconnaît Vincent Dekyvere, le directeur export de Petitjean, une PME qui a fournit les éclairages de la voie rapide qui longe la côte dans Tripoli.
Des Libyens très sollicités
Dans les petits salons de l'hotel Corinthia, les entreprises françaises ont rencontré par filières des représentants libyens pour collecter les projets urgents de reconstruction du gouvernement provisoire libyen. Une "shopping list" a été transmise. Mi novembre, une nouvelle réunion devrait être organisée à Paris entre les chefs de file de chacune des filières et les autorités libyennes pour passer à "une phase de projets concrets".
"Ce déplacement nous a au moins permis de comprendre que le marché devrait être un peu plus ouvert qu'avant. Maintenant, il va falloir continuer à venir à Tripoli si nous voulons maintenir nos parts de marché", juge Daniel Champlon, le directeur des relations internationales de l'Institut français du pétrole.
Car les libyens sont très sollicités. Dans le hall de l'hôtel Corinthia, le personnel descend rapidement le drapeau français exposé dans le hall pour le remplacer par le drapeau allemand. Pierre Lellouche n'a pas encore quitté les lieux que son homologue, le ministre de l'économie allemand Philipp Rösler s'engouffre dans l'hôtel, avec dans sa suite une trentaine d'entreprises.
"Nous sommes là pour montrer que nous sommes de bons partenaires de la Libye", assure Martin Buchman, le directeur de l'exploration de Winterschall. En début de semaine, c'était au tour des Canadiens et des Autrichiens.

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