En jouant la carte économique, Marine Le Pen (re)séduit les ouvriers
Par Barbara Leblanc - Publié le
A un an de l’élection présidentielle de 2012, le dernier sondage Ifop-Europe 1-Paris Match publié ce 26 avril révèle que les intentions de vote des ouvriers en faveur de la candidate du Front National sont en tête. Une reconquête pour le parti qui avait perdu des voix dans cette catégorie en 2007.
En cumuls, Marine Le Pen, candidate du Front national, obtient plus de 37% des intentions de vote de la classe ouvrière entre février et mars selon le sondage de l'Ifop. Un score qui permet de "parler de cœur de cible d’une catégorie", assure Frédéric Dabi, directeur du département Opinions à l'Ifop. Selon lui, "même si les ouvriers ont toujours eu un tropisme pour le parti d’extrême droite, ce qui est frappant ici, c’est le retour au bercail des ouvriers. Ils se retrouvent dans l’image de Marine Le Pen".
En 2007, la classe ouvrière avait en effet surpris dans ses votes traditionnellement en faveur du FN, avec une percée de Nicolas Sarkozy et plus marginalement de Ségolène Royal. A l’époque, le Front national ne séduisait que 16% des ouvriers. Toujours selon l’Ifop.
D'après ce dernier sondage, les ouvriers seraient attirés, dans le discours de Marine Le Pen, par des valeurs qui les touchent, notamment celle du travail, du pouvoir d’achat ou de la désindustrialisation. "Elle a apporté une touche économique au discours de son père, orienté surtout sur l’immigration, assure Daniel Boy, analyste politique au Cevipof. Avec une liberté de plus que la gauche et la droite : elle n’est pas tenue par l’Europe et peut donc tout aborder".
Parmi les pistes économiques déjà évoquées par la candidate, on trouve notamment la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, l'indexation des salaires sur l'augmentation des prix ou la sortie progressive de l’euro. "A la différence de son père, elle a choisi pour des raisons électoralistes uniquement d’évoquer les services publics, des discours antilibéraux et de miser sur le social. Un retour aux thèses de l’extrême droite des années 1930", constate Daniel Boy.
De quoi toucher une catégorie, celle des ouvriers et des employés, l'une des plus touchées par la précarité et les difficultés économiques. "Les sondés ouvriers nous confient qu’ils se retrouvent dans le message de proximité de Marine Le Pen, explique Frédéric Dabi. Ils nous disent : elle nous ressemble, on la comprend, et elle nous comprend. Elle parle de nos problèmes".
7 réactions
Pas bête | 04/05/2011 - 23H32
Le FN et Marine Le Pen tente de plus en plus d'électeurs, QUELQUE SOIT LEUR niveau social ou intellectuel.
N'en déplaise à l'usine nouvelle qui est maintenant certainement imprimée à l'étranger...
trismus37 | 04/05/2011 - 13H36
L'article est juste !
C'est bien un retour aux thèses des années 1930"... Mais pas de l’extrême droite !
De la gauche et de Salengo qui prônait la préférence nationale !
En 1930, c'est la gauche qui parlait de préférence nationale !
loloauchocolat | 04/05/2011 - 11H11
Moi je l'aime bien cette Marine Le Pen ! Elle est franche du collier, ça se voit, ça se sent !! Rien à voir avec les faux culs de l'Umps comme elle dit. Eux, ils mentent, ils trahissent les français avec leur solidarité mondiale. Y'en a marre de payer pour la terre entière ! Je suis d'accord avec le programme économique de Marine Le Pen. Elle défend les travailleurs français contre les menteurs et les voleurs du pouvoir. 26 ans que je travaille sans pouvoir mettre un peu de côté. 26 ans que la vie augmente et que nos salaires baissent. Toujours plus d'impôts pour des nuls qui préfèrent s'occuper des pauvres d'ailleurs. Stop ! Moi je voterai Marine Le Pen
Pimpin | 04/05/2011 - 10H48
Daniel Boy fait partie de ces experts et autres analystes politiques qui soit n'ont jamais lu les programmes du FN soit font délibérément de la désinformation.
Je cite par exemple :
"A la différence de son père, elle a choisi pour des raisons électoralistes uniquement d’évoquer les services publics, des discours antilibéraux et de miser sur le social. Un retour aux thèses de l’extrême droite des années 1930"
Déjà dans le programme de 2003 il y avait tout un chapitre réservé aux services publics.
Et puis on est content d'apprendre que le discours anti-libéral et le social sont d'extrême droite !!!
MOI | 27/04/2011 - 02H55
Elle n'a rien inventé, ce sont les français qui n'avaient rien compris. Maintenant ils changent d'avis car mieux dit c est aussi simple que ça.
Anna | 26/04/2011 - 19H01
Elle séduit aussi les cadres ! Je suis allée à l'université, 6 ans d'études, et comme bon nombre de mes amis, je vote aux élections pour le Front.
Elfik Ramala | 26/04/2011 - 18H58
Pourriez-vous laisser Marine Le Pen tranquille Madame Barbara Leblanc ? Marine revient de vacances et la présidentielles est encore longue. Laissez là accumuler ses batteries car elle en aura besoin pour se "battre" contre l'UMP, le PS, les médias, Les personnalités VIP,....
Est-ce que les journalistes arrivent à regarder leurs enfants dans les yeux en rentrant chez eux, après avoir "allumé" Marine Le Pen dans un article ?

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