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En Île de France, la qualité de l'air reste inquiétante

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Publié le , mis à jour le

La fermeture des voies sur berge fait débat à Paris. Selon Anne Hidalgo, la maire de Paris, cette décision permettrait d'améliorer la qualité de l'air de la capitale. Quelque 1,5 million de Franciliens restent exposés à des niveaux de pollution élevés. Si la qualité de l’air de fond s’est améliorée dans la région capitale, les progrès demeurent insuffisants. 

En Île de France, la qualité de l'air reste inquiétante
Le trafic routier est le principal facteur de pollution chronique en Ile-de-France.
© Le trafic routier est le principal facteur de pollution chronique en Ile-de-France.

Déjà irrités par les restrictions de circulation dans Paris, les automobilistes franciliens vont être fâchés pour de bon. Début septembre, une fois repliés les parasols de Paris Plages, ils ne retrouveront pas la voie sur berge rive droite. Celle-ci sera définitivement fermée à la circulation pour être rendue aux piétons, cyclistes et autres usagers du roller. Cette décision, prise par le Conseil de Paris, aboutira à la piétonnisation de 3,3 kilomètres de bitume bordant la Seine, entre le tunnel des Tuileries et le bassin de l’Arsenal. Une fermeture ayant pour effet de couper le seul axe permettant de traverser la capitale d’ouest en est sans feux tricolores. Car si la commission d'enquête publique concernant la piétonisation des voies sur berge rive droite à Paris a rendu un avis défavorable, la mairie de Paris a d'emblée annoncée qu'elle s'en tiendrait au plan initial. 

Et cette mesure fait débat. Elle provoquera assurément des difficultés sur d’autres axes, à commencer par les "quais hauts" de la Seine. Valérie Pécresse, la présidente (LR) du conseil régional d’Ile-de-France, évoque "une décision précipitée qui aura à l’évidence un impact majeur sur les conditions de circulation pour tous les habitants de l’Ile-de-France". La Mairie de Paris entend permettre aux Parisiens de se réapproprier les berges de Seine. Elle fait surtout valoir les bienfaits attendus sur l’amélioration de la qualité de l’air dans la capitale. "On a maintenant du recul sur les mesures de fermeture. À chaque fois, on a imaginé des reports de circulation, en se disant cela protège les uns, mais pas les autres. La réalité, c’est que toute diminution de la place laissée sur la voie à l’automobile dans Paris a des effets bénéfiques", avance Pierre Serne, conseiller régional Europe Écologie Les Verts. L’argument est de poids. Le trafic routier est le principal facteur de pollution chronique sur l’ensemble du territoire francilien. Il est responsable de 56 % des émissions totales d’oxydes d’azote (NOx). Ce groupe de gaz comprend notamment le dioxyde d’azote, l’un des cinq polluants problématiques en région capitale avec les particules fines (PM10 et PM2,5), l’ozone et le benzène.

Depuis une douzaine d’années, la qualité de l’air "de fond" francilien (mesuré dans des zones éloignées de toutes sources directes d’émissions) s’améliore. Mais les progrès sont lents, partiels et insuffisants. "En 2015, les concentrations de particules et de dioxyde d’azote en Ile-de-France restent problématiques, avec des dépassements importants des valeurs limites", avance Airparif dans son rapport annuel. Selon l’association, 1,5 million de Franciliens demeurent exposés à des niveaux élevés de pollution. "Ce sont les Franciliens résidant dans l’agglomération parisienne et le long du trafic. Au voisinage de certains grands axes, la pollution est jusqu’à deux fois supérieure aux normes", précise Airparif.

Augmentation des concentrations d’ozone

À ce constat de pollution chronique, il faut ajouter que l’année 2015 a connu 16 épisodes de forte pollution entraînant le déclenchement de la procédure d’information et d’alerte. Les trois quarts de ces séquences ont pour origine une trop forte concentration de PM10, le solde concerne l’ozone. De fait, si les émissions de particules ont chuté de moitié entre 2000 et 2012 (- 48 % pour les PM10 et - 55 % pour les PM2,5), l’ozone est le seul polluant pour lequel les niveaux moyens ont augmenté au cours des dernières décennies, indique Airparif. Les concentrations d’ozone se manifestent surtout dans les zones périurbaines et rurales. "L’ozone n’est pas directement émis dans l’atmosphère, mais résulte d’une combinaison chimique à partir des polluants primaires, précise toutefois Charlotte Songeur, ingénieur à Airparif. Pour travailler à sa réduction, il faut donc réduire ces polluants primaires."

Il est tentant, mais faux, de stigmatiser le seul trafic routier, car les sources de pollution sont multiples. L’industrie manufacturière y a sa part, même si les mesures réglementaires et incitatives l’ont rendu plutôt vertueuse. Selon un inventaire d’Airparif de 2012, elle n’est responsable que de 5 % des émissions de NOx et de 3 % de celles de PM10 et PM2,5, alors que ses bonnes pratiques ont fortement contribué à faire chuter les émissions de soufre.

Prise de conscience

En revanche, le secteur résidentiel et tertiaire s’améliore plus lentement. Il est à l’origine de 18 % des NOx et de 33 % des PM2,5. Ce n’est donc pas sans raison que les pouvoirs publics ont voulu interdire les feux de cheminée à foyer ouvert. "Le chauffage au bois en base et en appoint reste un contributeur important aux émissions primaires de particules en 2012, avec 30 % des émissions régionales de PM2,5", détaille Airparif.

Le rythme des initiatives visant à améliorer la situation s’accélère. Début 2016, la préfecture de région a lancé la révision du Plan de protection de l’atmosphère (PPA), dont la première mouture remontait à 2006. Et, après Paris qui l’a fait début 2015, le conseil régional d’Ile-de-France a adopté, fin juin, son propre plan sur la qualité de l’air. Ce programme prévoit des actions pour renforcer la surveillance de la pollution, diminuer les émissions de polluants liées à la consommation énergétique des bâtiments, mais aussi améliorer la qualité de l’air des espaces intérieurs, un domaine encore mal exploré.

Des dispositions sont également destinées à l’agriculture. La moitié du territoire francilien se compose de terres agricoles. Or l’agriculture contribue à hauteur de 86 % des émissions d’ammoniac, lesquelles proviennent pour leur immense majorité de l’épandage d’engrais minéraux.

"Ce plan régional, comme celui de Paris, est bien et fait progresser la prise de conscience. Pour autant, il ne s’agit que de morceaux de politiques publiques qui restent partiels par rapport à des mesures qui viendraient de l’État", commente Pierre Serne. Parmi celles-ci pourrait figurer l’instauration d’une taxe sur les poids lourds en transit, qu’appelle aussi de ses vœux le conseil régional.

Patrick Désavie

 

Airparif cible les polluants les plus menaçants

Créé en 1979 sous statut associatif, Airparif est l’observatoire chargé de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France. Son rôle consiste à mesurer les différents polluants, étudier les phénomènes de pollution et élaborer des programmes de modélisation à des fins d’analyses et de prévisions. Aiparif garde un œil sur une soixantaine de polluants, mais cible les plus menaçants d’entre eux pour notre santé, comme le dioxyde d’azote ou encore les particules fines qui peuvent favoriser l’apparition des maladies cardio-vasculaires et respiratoires. "Un Parisien sur deux est exposé à un niveau de dioxyde d’azote supérieur à la limite acceptable", rappelle Christophe Najdovski, adjoint à la Maire de Paris, responsable des transports et de la voierie. Implanté à proximité de la place de la Bastille, Airparif est au centre d’un réseau d’une soixantaine de stations de mesure réparties sur tout le territoire francilien dans un rayon de 100 kilomètres autour de la capitale, mais dont la majorité est installée au cœur de l’agglomération, là où se concentrent les émissions. La plupart de ces stations sont automatiques et fonctionnent en permanence, effectuant des relevés tous les quarts d’heure. Airparif a également pour mission de prévenir le public et les autorités sur les différents épisodes de pollution atmosphérique. La procédure d’information et d’alerte concerne quatre polluants et comporte deux niveaux de gravité, dont le plus critique induit des mesures de restriction de la circulation. Airparif informe également le public en temps réel. Le site internet de l’association propose une mesure de l’indice global de pollution et fournit même des précisions sur le niveau de concentration de quatre polluants principaux par station. Airparif devrait être une des pierres angulaires du projet de Lab Air que le conseil régional d’Ile-de-France veut créer pour impulser une politique d’innovation technologique en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air.

 

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1 commentaire

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25/08/2016 - 00h56 -

La voie Pompidou a été équipée en feux tricolores depuis quelques années, avec pour conséquence des arrêts et redémarrages. Il aurait été juste/pragmatique d'analyser les conséquences des aménagements urbains faits depuis 20 ans sur les encombrements franciliens. Car ce que dit l'adjoint au maire chargé de la voirie est en grande partie faux, le reste étant biaisé, le tout étant partisan! Il ne parle pas des particules fines dans le métro (sans même évoquer les conditions de transport des passagers, souvent bien pires que les limites admissibles pour le bétail), ni de la consommation des cars de touristes, des bus, y compris quand ils sont vides, des avions, ni du coût écologique de fabrication des lignes de tramways. La politique de la mairie de paris et de beaucoup de villes en France est simplement anti voiture, et ce quelles qu'elles soient. Ce qui n'est pas le cas chez nos voisins souvent cités, à tort, pour justifier les restrictions de déplacements qui nous sont imposées.
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