En français, désormais, cluster se dit IRT
Par LAURENT GUEZ, Directeur de la rédaction - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3239
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Les instituts de recherche technologique se partageront 2 milliards d'euros. Une enveloppe issue de l'emprunt national qui devrait être multipliée par deux grâce aux financements privés. Ce n'est pas rien !
Ils viennent de naître. Ce sont les IRT, trois lettres qui signifient « instituts de recherche technologique ». Comme le révélait, dès la semaine dernière, le site internet de « L'Usine Nouvelle », le gouvernement a retenu six villes, sélectionnées par un jury international à la suite d'un vaste appel à projets. Six lieux, donc, pour presque autant de spécialités : nanotechnologies à Grenoble, ferroviaire à Valenciennes, maladies infectieuses à Lyon, aéronautique à Toulouse, matériaux et métallurgie à Metz et à Nantes. Deux autres projets ont une chance d'être repêchés dans les prochaines semaines, à Saclay et à Rennes, dans les technologies de l'information.
À quoi serviront ces IRT ? Selon les termes - un tantinet technocratiques - de la loi de finances rectificative qui les a créés, il s'agit de « plates-formes interdisciplinaires rassemblant les compétences de l'industrie et de la recherche publique dans une logique de co-investissement public-privé ». Autrement dit, ce sont des « clusters » à la française, des superpôles de compétitivité à vocation mondiale. Souhaitons bon vent à ces nouveaux instituts qui, en accélérant l'innovation dans les régions, se transformeront peut-être en pilules anti-désindustrialisation. Ils s'inspirent d'une poignée de réussites exemplaires : le Tsukuba Nano-tech Innovation Arena (Japon), le pôle de recherche One North consacré aux biotechs (Singapour), ou encore le Digital Media City de Séoul (Corée), tous richement dotés. À Singapour, par exemple, One North coûtera 9 milliards de dollars sur une vingtaine d'années. Chez nous, les IRT se partageront 2 milliards d'euros. Une enveloppe issue de l'emprunt national qui devrait être multipliée par deux grâce aux financements privés. Ce n'est pas rien !
La création des instituts de recherche technologique figurait parmi les propositions d'Alain Juppé et de Michel Rocard, les parrains éclairés du Grand emprunt. Ce dernier, selon un récent sondage sur les quatre premières années du quinquennat, est curieusement l'une des mesures économiques les moins appréciées des Français. Faut-il interpréter ce rejet par une pédagogie déficiente ? Ou par une méfiance, compréhensible par ailleurs, de nos concitoyens vis-à-vis de la dette publique ? L'État dépense trop, c'est certain. Mais quand il investit dans l'avenir, il vise juste.











