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Tour de France de l’aéronautique

"En Allemagne, l’aéronautique est moins attractive que l’automobile", selon le DRH de l'année

Par  - Mis à jour le 04 juin 2013, à 16h37 - Publié le
Thierry Baril, DRH d'EADS
© EADS

  Thierry Baril, le DRH d’EADS et d’Airbus, a obtenu le prix du DRH de l’année, prix décerné par un jury composé de DRH de grands groupes et parrainé par le Figaro, Le Figaro économie et Cadremploi. Un prix qui récompense un DRH qui devra recruter massivement, 5000 personnes, en 2013. En mars dernier, il nous avait expliqué les axes principaux de sa politique de recrutement.

L'Usine Nouvelle - Le sujet de la pénurie d’ingénieurs revient à nouveau, notamment suite aux déclarations de Christian Lerminiaux, le président de la CDEFI.  La ressentez-vous dans vos recrutements ?

Thierry Baril - La pénurie existe. En Europe, dans l’aéronautique, la production d’ingénieurs est inférieure à nos besoins. Ensuite, en tant que groupe, nous n’avons pas tant de difficultés que ça à recruter. Cela n’est pas un hasard car nous avons fait beaucoup d’efforts, organisé des forums et des événements, travaillé notre visibilité dans les médias. En une année, pour l’ensemble du groupe, cela représente 800 événements. L’ensemble de ce travail fait que nous réussissons à bien recruter. Pour preuve, nous sommes très bien placés dans les classements des entreprises préférées en France et en Europe. Les jeunes disent qu’ils ont envie de travailler chez nous.

Quel est le profil des personnes que vous recherchez ? Uniquement des jeunes diplômés ?

Parallèlement, nous avons diversifié nos recrutements. Les jeunes diplômés représentent un tiers de nos recrutements d’ingénieurs. Les deux tiers restants sont des profils plus expérimentés.

N’y a-t-il pas des problèmes chez certains de vos partenaires et autres sous-traitants, qui n’ont pas votre pouvoir d’attractivité, ni les moyens de faire les mêmes efforts que vous ?

Nos partenaires de premier rang ne rencontrent pas de difficultés majeures pour recruter à ma connaissance. Pour les plus petites entreprises, il est possible que nous asséchions les compétences. Toutefois, j’insiste sur le fait que nous menons des opérations pour recruter au niveau de la filière. Par exemple, nous nous sommes engagés à former 1 000 jeunes qui iront ensuite travailler dans toutes les entreprises de la filière. Nous ne sommes pas indifférents au sort de nos partenaires.

Que faites-vous concrètement pour ne pas souffrir d’un manque de compétences ?

Pour résumer, nous travaillons à donner de la visibilité à nos métiers industriels. Ainsi, nous travaillons pour développer des masters sur les compétences nouvelles qui émergent. Nous pouvons aller jusqu’au partenariat avec des établissements d’enseignement supérieur. Nous essayons aussi de susciter des vocations auprès de public qui ne sont pas forcément intéressés par nos métiers, je pense notamment aux jeunes filles.

Le fait d’être un groupe européen vous simplifie-t-il  la tâche ? Adaptez-vous vos programmes de recrutement dans les différents pays en fonction des compétences disponibles ?

Nous recrutons en Europe et dans le monde.  Dans tous les pays où Airbus est présent (France, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni), nous faisons en sorte que 15 % de nos effectifs ne soient pas locaux. Cela fait partie de notre politique de diversité.

En outre, nous avons décidé d’investir pour être plus présent sur les marchés d’emploi en difficulté, où de nombreux jeunes sortants de l’école ne trouvent pas de travail. Nous sommes une entreprise européenne qui apporte de cette façon une contribution à la construction européenne.

Justement, le système de formation allemand est très différent du français. Est-ce que cela rend le recrutement d’ingénieurs plus facile au pays d’Angela Merckel ?

L’Allemagne a surtout une vraie culture industrielle. Toutefois, l’aéronautique n’y est pas le secteur le plus attractif, c’est la construction automobile. Nous devons y faire beaucoup plus d’efforts, d’autant que le développement d’une filière aéronautique est beaucoup plus récent dans le pays.

Malgré tous vos efforts, y’a-t-il des spécialités, des domaines, pour lesquels il est plus difficile de trouver les bons candidats ?

Nous sommes attentifs sur certains métiers clés. Par exemple, les métiers d’analyse des structures mécaniques, les ingénieurs spécialiste en stress, développement de la résistance des matériaux ou encore les ingénieurs calcul et structure. Idem pour les systèmes embarqués.

Propos recueillis par Christophe Bys

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