En 2030, l'industrie pourra encore favoriser la croissance
Par Astrid Gouzik - Publié le
Le centre d’analyse stratégique (CAS) publie mardi 17 décembre, deux notes d’analyse et un rapport sur les secteurs porteurs à moyen et long terme. Comment les moteurs de la croissance évolueront-ils ? L’organisme a imaginé trois scénarii.
"La capacité à se spécialiser importe autant sinon plus que la politique budgétaire ou monétaire", a expliqué Vincent Chriqui, directeur général du CAS, lors de la présentation du rapport mardi. "Ce sont les pays qui ont perdu ou n’ont pas construit de base industrielle qui éprouvent aujourd’hui les plus grandes difficultés à rebondir après le creux de la crise au-delà de leurs difficultés d’assainissement de leurs finances publiques".
Avec ce rapport, le CAS a cherché à identifier les secteurs porteurs afin d’anticiper les diverses situations possibles. Il envisage donc trois scénarii. Dans chacun d’entre eux, les secteurs sont confrontés à différents chocs, positifs ou négatifs. Dans le premier, dit "contraint ", il anticipe des "évolutions médianes dans un contexte incertain". Dans ce schéma, le renouvellement sectoriel est en cours mais n’est pas encore achevée.
Le scénario de crise décrit une situation très dégradée, surtout au niveau de la compétitivité européenne. Ici, le renouvellement ne s’est pas opéré. Les industries n’ont pas pris le tournant de la montée en gamme. La qualité de l’emploi en pâtit.
Dans le meilleur des cas, le scénario cible, le CAS distingue un nouveau modèle de croissance. Il se base sur quatre hypothèses : une augmentation progressive des dépenses de R&D, un choc de productivité dans les services, un déplacement de la préférence des consommateurs vers une consommation "bien-être", et la mise en place d’incitations fiscales et de signaux prix défavorables aux secteurs polluants.
Vers une nouvelle articulation entre l'industrie et les services
Dans ces différents schémas, l’une des clés du succès reste de trouver un équilibre entre l’industrie et les services afin de renforcer la croissance. Il faut miser sur une "montée en gamme des prestations associées aux biens et ayant de surcroît des bénéfices environnementaux", a expliqué Vincent Chriqui. Le rapprochement avec un nouveau type de services comme Autolib’ est vite fait.
Mais l’industrie fait tout de même les frais de la montée de l’immatériel. Toutefois si certains secteurs perdent des emplois, d’autres restent dynamiques comme l’agroalimentaire, la pharmacie et l’aéronautique.
La solution pour la CAS : "L’industrie reste le creuset des innovations de produits et la montée en gamme des prestations de services comme le montre aujourd’hui Apple doit s’appuyer sur une capacité productive".

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