Emploi-formationLES CIFRE ONT LA BOUGEOTTELes conventions industrielles de formation par la recherche fêtent leurs vingt ans. Leur succès auprès des industriels ne se dément pas. Mais les jeunes docteurs aiment la mobilité.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2802Emploi-formation
LES CIFRE ONT LA BOUGEOTTE
Les conventions industrielles de formation par la recherche fêtent leurs vingt ans. Leur succès auprès des industriels ne se dément pas. Mais les jeunes docteurs aiment la mobilité.
La convention Cifre ne s'est jamais aussi bien portée. Depuis 1981, plus de 8 000 ingénieurs et universitaires ont réalisé leur thèse en trois ans au sein d'une entreprise, en collaboration avec un laboratoire de recherche et avec un salaire à la clé. Face à l'afflux des demandes, le ministère de la Recherche prévoit de porter le nombre de nouvelles conventions à 820 en 2002, contre 800 cette année et 740 en 2000. Pour les industriels, l'intérêt de la formule est manifeste. Parmi ceux qui ont employé des Cifre, 73 % déclarent avoir bénéficié de retombées immédiates, en termes de produits, de procédés, de prototypes ou de savoir-faire. " En deux ans, notre Cifre a déjà mis en place un certain nombre de procédures et d'outils en matière d'intelligence industrielle. Sans lui, cela aurait pris beaucoup plus de temps et nous aurait coûté très cher ", illustre Serge Charbonnier, P-DG de la société normande Automa-Tech, spécialisée dans l'imagerie pour les circuits imprimés. Pour valider cette réussite, l'Association nationale de la recherche technique (ANRT) a mené cet été une étude qualitative auprès d'une trentaine d'entreprises, 80 % des jeunes docteurs évoluant dans le privé.
Des évolutions au-delà de la fonction recherche
Première constatation, le Cifre est devenu un label. " Nous intéressons beaucoup les entreprises, parce qu'elles savent que nous sommes "préformés", notamment au niveau de l'application des connaissances ", explique Bénédicte Mortini, ingénieur Recher-che- développement chez STMicroelectronics. " Il n'est pas rare de voir des jeunes docteurs postuler ailleurs que dans l'entreprise qui les a accueillis, même si cette dernière leur propose un contrat à durée indéterminée ", renchérit Catherine Bec, responsable du programme Cifre à l'ANRT. Selon la dernière étude statistique menée par l'association en 1999, ils sont en effet 45 % à choisir de partir et 1 % d'entre eux décident même de créer leur propre société. Cette évolution face à une offre d'emploi ferme est d'autant plus remarquable que neuf entreprises sur dix choisissent d'employer en CDD les Cifre en cours de formation. Deuxième constatation, les docteurs sont loin de se cantonner au domaine de la recherche. Cela ressortait déjà de la dernière étude de l'ANRT : 60 % occupaient ce type de fonction en début de carrière, moins de 30 % dix ans plus tard. " Cela montre que la convention est une formation par et non pour la recherche. Les entreprises don-nent beaucoup d'importance aux qualités humaines qui permettront au chercheur d'évoluer ", insiste Catherine Bec. Mais elle remarque que certains chefs de service se plaignent désormais de voir partir rapidement leurs meilleurs éléments vers d'autres fonctions.
Si leur mobilité s'est sensiblement accrue, les Cifre affichent pourtant, au cours de leur carrière, une surprenante stabilité dans leurs choix. Selon l'ANRT, seulement un quart d'entre eux ont changé d'entreprise une fois, 5 %, deux fois et 1 %, trois fois. Et les trois quarts exercent dans une entreprise, non seulement de taille similaire à celle qui les a formés, mais aussi et surtout de la même région.
LES CHIFFRES 2001
800 nouvelles conventions signées pour trois ans.
2 210 bénéficiaires au total, pour un budget du Ministère de la recherche de 28,5 millions d'euros.
14 635 euros de subvention annuelle par convention.
20 214 euros de salaire annuel brut minimum pour le chercheur.
Mobilité











