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EMO 2011 : les constructeurs plus optimistes que jamais

Par Mirel Scherer - Publié le
EMO 2011 - Hanovre
© D.R.

C'est avec une confiance à toute épreuve que le salon international de la machine-outil EMO 2011 a ouvert ses portes lundi 19 septembre dans les halls du parc d'exposition de Hanovre (Allemagne). Les turbulences que traversent les marchés financiers n'ont pas de prise sur les constructeurs d'équipements de production.

Pendant six jours, jusqu'au samedi 24 septembre, les visiteurs sont attendus de pied ferme par les 2 037 exposants de 41 pays venus avec leurs dernières innovations. "L'industrie mondiale de la machine-outil est en très bonne santé, la demande ne faiblit toujours pas et le salon est revenu au niveau de 2007", confirme Martin Kapp, président de l'association de constructeurs allemands de machines-outils (VDW).

Pour Alain Reynvoet, directeur général de Haas Automation Europe, deux raisons expliquent cette santé insolente de la machine-outil. Premièrement, les utilisateurs, qui n'ont pas investi pendant quelques années, sont bien obligés de remplacer leurs équipements obsolètes.

Secundo, les machines-outils sont en général des produits à cycle long : il faut six ou huit mois, voir plus d'un an s'il s'agit d'un équipement sur mesure pour recevoir sa commande. Ainsi, Haas a fabriqué pas moins de 1300 machines au seul mois d'août 2011 pour faire face à la demande. Et encore il a l'avantage d'une fabrication très intégrée.

La pénurie de composants se fait fortement sentir pour ceux qui se fournissent sur le marché. Il faut ainsi plus de quatre mois pour s'assurer de la livraison de sa commande numérique. Bref, les carnets de commandes de constructeurs sont pleins et l'optimisme est de mise cette année dans les allées de l'EMO.

Ainsi, DMG et Mori Seiki, dont la fusion a été couronnée par l'association de leurs filiales européennes, n'ont pas hésité à installer leur 97 machines, dont 25 en première mondiale, sur une surface de 7 600 m². Soit la totalité du hall 2, du jamais vu dans une exposition comme l'EMO.

"En France l'association de deux constructeurs donnera naissance au 1 er janvier 2012 à une société commune qui emploiera 125 personnes", explique Alexandre Lahaye, le directeur de DMG France qui dirigera la nouvelle société commune. Au niveau des deux groupes, les économies d'échelle (achats de composants groupés, R & D de certaines machines effectuée en commun, etc.) générées par ce mariage sont de l'ordre de 10 millions d'euros depuis 2007 date à laquelle a été lancée la fusion.

Première illustration de cette démarché : la machine MillTAP 700, un centre d'usinage conçu par les deux équipes d'ingénieurs dévoilé à l'EMO. Doté d'une commande numérique Sinumerik 840D de Siemens, cette machine ultrarapide sera fabriquée également dans l'usine du constructeur chinois Shenyang, associé de Mori Seiki et DMG.

Evidemment, les concurrents directs de DMG et Mori Seiki fourbissent leurs armes. Ainsi, Mazak est venu à lui seul, avec 24 machines nouvelles, dont des Integrex d'une nouvelle génération. Plus simples, plus efficaces, dotés comme la i630 d'un seul moteur capable d'effectuer aussi bien les mouvements de fraisage que ceux de tournage.

Même démarche pour le constructeur américain MAG qui accueillait sur son stand sa dernière acquisition: le constructeur français Forest-Liné. "Nous ne vendons pas simplement des machines, mais un processus de fabrication complet", explique Adalbert Ottenwälder, responsable des solutions de productivité chez MAG. Autant dire que la compétition avec DMG/Mori Seiki ne nous fait pas peur." Le constructeur américain dévoilait à l'EMO plusieurs machines de série dotées du refroidissement  cryogénique. Ce qui permet d'améliorer la qualité de l'usinage et de prolonger la durée de vie des outils de coupe…

Par Mirel Scherer, envoyé spécial à Hanovre

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