EMIRATS ARABES UNISLes nouveaux challenges de DubaïAprès une diversification dans le commerce et la distribution, l'émirat de Dubaï mise sur l'investissement étranger dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2721EMIRATS ARABES UNIS
Les nouveaux challenges de Dubaï
Après une diversification dans le commerce et la distribution, l'émirat de Dubaï mise sur l'investissement étranger dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Le Burj al-Arab, l'hôtel le plus haut du monde (321 mètres), construit sur une île artificielle, est, depuis trois mois, le nouvel emblème de Dubaï. Il ne sera pas le seul longtemps. Le gouvernement multiplie les projets d'envergure sur ce territoire de 4 000 kilomètres carrés en bordure du golfe Persique (805 000 habitants). La raison en est simple : les gisements d'hydrocarbures (16,4 % du PNB), qui fournissent au minimum 70 % des ressources du budget, seront épuisés d'ici à quinze ans. L'heure est donc à la diversification tous azimuts... C'est déjà chose faite dans le négoce international (17,4 milliards de dollars d'importations en 1997, dont 75 % réexportés vers les pays tiers), via la présence de 1 650 entreprises de distribution et de conditionnement sur la zone franche de Jebel Ali et son port artificiel. Mais cela ne l'est qu'en partie dans les services, les productions à forte valeur ajoutée et le tourisme. Des cibles de développement jugées prioritaires par un gouvernement soucieux de ralentir l'arrivée d'une main-d'oeuvre étrangère (85 % de la population), trop peu qualifiée. Le projet le plus ambitieux concerne le tourisme. La West Side Marina constituera, d'ici à 2008-2009, une véritable ville dans la ville. D'un coût estimé à 26 milliards de francs, elle englobe, sur 3 kilomètres de côtes, la construction d'un port de plaisance, d'immeubles d'habitation, de bureaux, d'écoles et d'hôtels... Un projet pharaonique supervisé par l'ingénieriste britannique Halcrow, et, pour lequel, certains appels d'offres resteraient à saisir (1).
Un paradis fiscal pour les e-sociétés
Mais ce n'est pas le seul grand projet. Outre l'extension et l'amélioration des infrastructures portuaires de la zone franche de Jebel Ali, le gouvernement a ouvert, en mars dernier, la " Dubaï Airport Free Zone " étendue sur 2,2 millions de mètres carrés, construits pour 50 millions de dollars. Doté d'équipements de pointe, à deux pas de l'aéroport international (en plein développement grâce à un investissement de 540 millions de dollars, en voie d'achèvement), ce parc veut attirer des sociétés de haute technologie ou de distribution de produits à forte valeur ajoutée. " Nous voulons des grands noms pour notre image et leur capacité à générer de l'emploi pour notre jeunesse locale ", déclare Mohammed al-Zarouni, le directeur (2). Le pari semble gagné. Déjà un doublement du site est programmé pour 2001, et, dans la liste des 74 licenciés (dont 25 installés), s'alignent les noms prestigieux de Boeing, Chanel, Dell, Gemplus, Ricoh ou Rolls Royce... " Nous avons analysé tout le Golfe pour trouver l'implantation idéale de notre nouvelle filiale au Moyen-Orient, explique Guy de Richemont, directeur général de Chanel Ltd FZE. Dubaï offrait la meilleure desserte aérienne, avec plus de 90 compagnies présentes. Un point essentiel pour le bon acheminement de nos produits. " Enfin, dernier challenge, Dubaï tient par-dessus tout à ne pas rater le tournant de l'e-commerce. Cheikh Mohammed bin-Rachid al-Maktoum, le prince héritier, souhaite faire de l'émirat à la fois un centre d'excellence mondial pour les NTIC et la principale plate-forme du Moyen-Orient pour le commerce électronique, à l'instar de Singapour pour l'Asie. Pour y parvenir, le gouvernement lance une technopole du virtuel, " Dubaï Internet City ", où il investit 200 millions de dollars pour la seule première phase ! Implantée sur une nouvelle zone franche, " Dubaï Internet City " accueillera, dès octobre 2000, les entreprises internationales intéressées (e-commerce, e-formation, incubateur pour le monde arabe...), un centre de recherche-développement et une université dédiés aux technologies de l'information. Les conditions particulièrement attrayantes d'implantation (3) auraient déjà généré plus de 1 200 contacts...
(1) David Aldis, project manager, e-mail : hipwsm@emirates.net.ae
(2) Mohammed al-Zarouni, e-mail : alzarouni@dca.gov.ae
(3) Saeed al-Muntafiq, e-mail : saeed@dubaiinternetcity.com
La présence française à Dubaï
Gemplus, Lafarge, Thomson-CSF, Schneider, SDV (Bolloré), Christian Dior... Le nombre d'entreprises françaises a doublé en un an à Dubaï, passant de 83 implantations en 1998 à 156 l'an dernier. Les raisons en sont diverses : solvabilité financière et stabilité politique, fort taux de croissance dans les activités non pétrolières, infrastructures parmi les plus modernes du Golfe et repli sur Dubaï de sociétés françaises implantées en Asie du Sud-Est. Malgré cela, nos investisseurs restent peu nombreux à faire le pas de l'implantation industrielle : " L'environnement régional, de plus en plus concurrentiel, est loin d'être stable ; l'Arabie Saoudite, le puissant voisin, a une vue très différente du futur, et enfin, la succession du président Cheikh Zayed ben-Sultan al-Nahyan peut apporter des surprises ", explique un industriel français, présent localement dans le négoce. Pour tout renseignement : Véronique Carrobourg, French Business Council, tél. : 00-33/971-43-35-23-62.

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