EMBAUCHES À LA CHAÎNE
Par PAR PIERRE-OLIVIER ROUAUD - Publié le | L'Usine Nouvelle n° HSING2012Le marché de l'emploi des ingénieurs est reparti à la hausse, même pour les jeunes diplômés. Le ralentissement économique n'a, à ce stade, pas d'effet.
Délicat, en cette fin 2011, de dresser un panorama de la situation de l'emploi pour les jeunes ingénieurs. Ils sont environ 30 000 à entrer chaque année sur le marché du travail. Pour eux, le diplôme reste bien sûr un excellent passeport pour l'embauche : le taux de chômage des ingénieurs plafonne à environ 4 %, contre 9,1 % pour l'ensemble de la population active. Toutefois, on peut se demander comment l'incertitude économique actuelle se traduira dans les chiffres du recrutement.
Pourtant, l'optimisme prévaut encore en cet automne. « Dans l'industrie, je ne perçois pas de signes de ralentissement des embauches d'ingénieurs », indique Laurent Hürstel, associate director en charge de l'industrie chez le cabinet de recrutement Robert Walters. « En 2009, au plus de fort de la crise, certaines entreprises avaient levé le pied, notamment dans l'automobile, mais le dynamisme d'un secteur comme l'énergie avait alors joué à contre cycle. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse : dans les énergies renouvelables ou le nucléaire, les recruteurs sont un peu attentistes, mais globalement le marché reste porteur et même très tendu pour les profils issus des écoles du top 5 ». Cela s'explique non seulement par la volonté générale des entreprises de monter en gamme et de se différencier, mais encore par la pyramide des âges. L'industrie reste donc demandeuse, surtout en cadres immédiatement opérationnels ayant cinq à dix ans d'expérience, un profil que tout le monde s'arrache. Évidemment pour en arriver là, il faut décrocher un premier job. Mais selon la Conférence des grandes écoles (CGE), 80,2 % des jeunes ingénieurs de la promotion 2010 en activité ont trouvé leur emploi en moins de deux mois. De fait, si l'on regarde dans le rétroviseur, il y a bien lieu de se réjouir.
Phase de reprise
L'enquête annuelle de la CGE et celle du Cnisf (Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France), publiées en juin dernier, font état de signaux positifs. Leurs données concordent avec la conjoncture globale de l'emploi cadre en France, qui est en forte phase de reprise : ainsi, au troisième trimestre, les offres d'emploi confiées à l'Apec ont progressé de 59 % sur un an. Selon la Conférence des grandes écoles, au premier trimestre 2011, le taux d'actifs net chez les jeunes ingénieurs diplômés de la promotion sortante (été 2010) était de 84,2 %. Un bon chiffre, même s'il reste en deçà des records de 2008 (90 %) et surtout de l'année 2000, où 94 % des jeunes ingénieurs avaient trouvé un travail sous six mois.
De son côté, le Cnisf estime à 60 600 les recrutements totaux d'ingénieurs en 2010, soit une très forte reprise là encore, comparée aux 48 400 postes identifiés en 2009, année noire au plus fort de la crise mondiale. Ainsi entre 2008 et 2009, les recrutements identifiés dans le secteur des transports (automobile, aéronautique, ferroviaire) avaient plongé, passant de 8 730 à 3 230. Mais l'heure est clairement à la reprise, avec 4 620 recrutements dans ce secteur en 2010. À noter aussi, le fort accroissement de l'emploi dans les sociétés d'ingénierie et de R et D externalisées qui absorbent, selon la CGE, presque un cinquième des promotions sortantes. Enfin, les stages sont un bon filon pour l'emploi. Quatre étudiants sur dix trouvent leur premier job grâce à cela. Soignez donc la relation avec votre maître de stage !











