ElectroniqueLES GRANDS SOUS-TRAITANTS QUITTENT L'EUROPELes fermetures d'usines s'accélèrent. Les sous-traitants préfèrent partir en Asie plutôt que de diversifier la production des sites rachetés voici quelques années.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2837Electronique
LES GRANDS SOUS-TRAITANTS QUITTENT L'EUROPE
Les fermetures d'usines s'accélèrent. Les sous-traitants préfèrent partir en Asie plutôt que de diversifier la production des sites rachetés voici quelques années.
A Rouen, Viasystems est en grève. Le sous-traitant américain a annoncé fin août la fermeture du site français de Déville-lès-Rouen, repris il y a deux ans à Lucent Technologies. L'usine de fabrication de sous-ensembles pour les télécommunications est loin d'être une exception. Dans l'Hexagone, plusieurs autres sites viennent de fermer ou sont en passe de le faire. Comme celui de Sanmina- SCI à Grenoble ou de Solectron à Longuenesse (Pas-de-Calais). Mais le phénomène est à l'échelle européenne. Durant l'été, Sanmina-SCI a annoncé la fermeture des sites d'Irvine en Ecosse et de Heerenveen, aux Pays-Bas. Idem chez Celestica, avec l'arrêt de l'usine de Kidsgrove, en Angleterre.
Quand cession rime avec fermeture
Faut-il voir dans ces annonces un coup d'arrêt à la politique d'externalisation des industriels européens ? " Il y a une tendance lourde à la sous-traitance ", répond Richard Crétier, porte-parole du Snese, le Syndicat national des entreprises de sous-traitance électronique. Preuve de cette vitalité, Philips a vendu le 28 août dernier sa filiale de sous-traitance, PCMS, à l'américain Jabil Circuit pour 235 millions d'euros. Ce dernier avait déjà racheté en mars l'usine de Brest d'Alcatel tandis que Sanmina-SCI mettait la main sur les sites de Cherbourg, de Gunzhausen (Allemagne) et de Tolède (Espagne). Mais la France, voire l'Europe, a-t-elle les moyens de conserver ses capacités de production ? " Cela ne peut pas satisfaire les sous-traitants de grande taille, estime Richard Crétier. Ceux-ci possèdent déjà des usines dans des pays à main-d'oeuvre bon marché, alors pourquoi fabriqueraient-ils à des prix français ? " Du coup, ces cessions d'activités finissent souvent par rimer avec des fermetures programmées. En règle générale, la vente d'une unité de production s'accompagne d'un plan de charge du vendeur établi sur une durée variable. " Durant ce temps, l'entreprise doit se faire une place sur le marché en trouvant de nouveaux clients, analyse Richard Crétier. Il lui faut jouer à fond la productivité. " Mais cette période de " sécurité ", due au plan de charge initial, se réduit. Elle est passée de cinq à trois ans en quelques années. Et même à deux ans dans le cas de Viasystems. Ainsi, les sites de production n'ont plus le temps de se retourner pour trouver d'autres clients. Chez Viasystems, à Rouen, on est amer. " Nous avions cette volonté de diversification en interne ", explique Claude Etienne, délégué CGT de l'entreprise. Mais le temps a manqué.
LES SITES MENACÉS EN FRANCE
Viasystems : Déville-lès-Rouen, fermeture décembre 2002.
Sanmina-SCI : fermeture annoncée de Grenoble, avec transfert de l'activité à Cherbourg.
Flextronics : fermeture de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), transfert de la production vers Laval (Mayenne).
ACT Manufacturing : nouveau plan social en juin, à Angers.
Aspocomp : site d'Evreux en redressement judiciaire.
Solectron : fermeture du site de Longuenesse (Pas-de-Calais) et vente de celui de Pont-de-Buis (Finistère).











