ELECTRONIQUEFramatome accélère dans la connectiqueDans l'attente d'être fixé sur son avenir, Framatome poursuit à marche forcée l'internationalisation de FCI, sa filiale spécialisée dans la connectique. Début octobre, une nouvelle organisation a été mise en place. Elle vise au renforcement sur le...
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2619ELECTRONIQUE
Framatome accélère dans la connectique
Dans l'attente d'être fixé sur son avenir, Framatome poursuit à marche forcée l'internationalisation de FCI, sa filiale spécialisée dans la connectique. Début octobre, une nouvelle organisation a été mise en place. Elle vise au renforcement sur les créneaux les plus porteurs, en Amérique et en Asie.
Alors que le devenir de Framatome est plus que jamais suspendu aux choix de l'Etat pour la filière nucléaire française, à l'évolution de la structure du capital de GEC-Alsthom et au maintien de son principal actionnaire, Alcatel-Alsthom, dans l'électrotechnique, la nouvelle équipe dirigeante a au moins une certitude : la nécessité de réussir la mondialisation de Framatome Connectors International (FCI), sa filiale spécialisée dans la connectique.
Se rapprocher encore des grands américains
Celle-ci est aujourd'hui une véritable planche de salut pour Framatome, qui poursuit sa traversée du désert dans le nucléaire et n'espère guère de reprise avant une quinzaine d'années. Avec un chiffre d'affaires de 4,7 milliards de francs, la connectique a représenté 31 % de l'activité du groupe en 1996. " La connectique n'est pas une alternative au nucléaire pour Framatome. Elle devra néanmoins représenter la moitié du chiffre d'affaires du groupe au début de la prochaine décennie. En 1997, la moitié des commandes sera réalisée par FCI ", précise Dominique Vignon, P-DG de Framatome depuis décembre 1996. FCI sait compter sur d'indéniables atouts. Ses ventes, en croissance de 13 %, progressent deux fois plus vite qu'un marché mondial de la connectique estimé à 22 milliards de dollars. En Europe, où elle réalise 60 % de ses ventes, ses positions sont fortes. Plus de 5 milliards de francs d'investissements cumulés en près de dix ans l'ont propulsée au troisième rang mondial de la connectique. Il n'empêche. Il lui faut encore se rapprocher de ses grands concurrents américains AMP et Molex, qui dominent tous les segments du marché, ne pas se laisser déborder par Amphenol, Berg ou T & B Augat, qui le talonnent. Ce contexte pousse les efforts de FCI vers les marchés les plus porteurs, comme l'électronique d'automobile (+ 38% de chiffre d'affaires en 1997), la construction électrique (+ 50%), l'électronique (+ 18%), tant dans les télécommunications ou l'informatique que dans les produits bruns. Une stratégie illustrée par la reconversion de l'usine d'Epernon (Eure- et-Loir), spécialisée dans la défense, dont la production est désormais destinée à l'automobile. L'autre grande préoccupation des responsables est la restauration des marges. Avec une marge d'exploitation de 6,5 % en 1996, FCI reste loin derrière ses concurrents américains, qui affichent presque le double. Un handicap lorsqu'il faut investir dans la technologie, l'outil industriel et le redéploiement vers les créneaux porteurs. " L'objectif est d'atteindre 10 % de marge d'exploitation d'ici à deux ans. Nous serons alors au niveau de nos grands concurrents mondiaux ", annonce Philippe Anglaret, nouveau P-DG de FCI. Dès son arrivée, en juin dernier, cet ancien directeur de la branche entreprises et services de Cegelec s'est appliqué à la réorganisation de FCI. Depuis octobre, le groupe s'articule en cinq branches ayant une responsabilité mondiale par métier (automobile, électrique, électronique, interconnexion, micro-électronique).
Une réorganisation complète pour accélérer sa mondialisation
Erigée en centre de profit, chacune assure le marketing, le développement et la fabrication de produits par segments de marché. Parallèlement, des unités de ventes sont responsables de la commercialisation des produits standards grâce à une couverture géographique horizontale du monde entier. Des produits qui seront désormais vendus, sur le plan mondial, sous l'unique marque FCI. Une réorganisation que FCI compte mettre à profit pour accélérer sa mondialisation. " Nous devons faire fonctionner l'activité connectique sur une base mondiale ", insiste Dominique Vignon. Avec l'objectif de réaliser 30 % de ses ventes dans l'automobile, le constructeur français ne peut ignorer le marché nord-américain. Fournisseur de Chrysler (60 millions de dollars de ventes), FCI frappe maintenant à la porte de General Motors. A l'autre bout du monde, l'ouverture d'usines en Chine, en Malaisie et en Corée du Sud doit permettre le développement du poids de l'Asie dans les années à venir. Dans deux ans, l'Europe ne devrait plus représenter que 50 % des ventes de FCI. Car, dans un métier où la proxi mité du client est incontournable, FCI n'a d'autre solution que d'être un acteur mondial. Que sa place demeure ou non au sein du constructeur français de chaudières nucléaires.
USINE NOUVELLE N°2619

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