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ELECTRONIQUEDes logiciels enfouis pour doper les pucesLes industriels misent de plus en plus sur les logiciels enfouis. Leur avantage principal : ils évitent de remplacer la partie matérielle (puce ou circuit imprimé) au fur et à mesure des nouvelles générations. Les applications des industriels ...

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2726

ELECTRONIQUE

Des logiciels enfouis pour doper les puces

Les industriels misent de plus en plus sur les logiciels enfouis. Leur avantage principal : ils évitent de remplacer la partie matérielle (puce ou circuit imprimé) au fur et à mesure des nouvelles générations. Les applications des industriels sont ainsi plus vite mises en oeuvre et personnalisables.



Industriels, enfouissez vos logiciels ! Ils vous rendront la vie plus facile. Et vous n'aurez plus de problème quant à la pérennité de vos applications. Mais comment une application logicielle est-elle " enfouie " ou encore " embarquée ", son synonyme ? Elle est implantée dans une puce électronique qui rend le système complètement autonome. A l'image de ce qui a été fait sur " Rocky ", le fameux petit robot envoyé sur Mars. Charge lui était échue de s'adapter à son environnement et de se débrouiller comme un grand... Par exemple, pour contourner un obstacle non prévu - et pour cause - par les programmeurs. Mais les applications plus " Terre à Terre " sont nombreuses. L'électronique grand public est l'un des principaux consommateurs de logiciels enfouis, devant l'automobile, l'aéronautique, les télécommunications. Car ces nouveaux marchés porteurs des technologies de l'électronique ont de plus en plus besoin de fonctionnalités logicielles pointues. Appareils et sous-ensembles évoluent à marche forcée. Et, pour les industriels de ces secteurs, il faut être prêt à temps sur des marchés très volatils (les GSM, par exemple) sur lesquels règne une concurrence très forte. Le handicap, pour changer de génération, provenait bien souvent de la partie matérielle, le " hardware ". Une partie difficile à faire évoluer : il faudrait remplacer périodiquement tous les éléments. Exemple : dans l'automobile, le calculateur central évolue tous les six mois, pour un système dont la durée de vie peut atteindre quinze ans... Impensable de rappeler les véhicules à cette fréquence pour effectuer ce type de modification !

Maximum de fonctionnalités dès la conception

Avec ces logiciels, il n'est plus nécessaire d'effectuer ces changements incessants de puces électroniques et de circuits imprimés dès que leurs fabricants décident d'élaborer de nouvelles générations, plus complexes, plus difficiles à mettre en oeuvre. En s'appuyant sur leurs compétences logicielles, utilisateurs, développeurs et intégrateurs commencent à revendiquer leur indépendance par rapport aux fabricants de puces. Pourquoi en effet changer la puce ou le circuit imprimé alors qu'il suffit tout simplement de modifier le logiciel ? Pour faire une analogie avec le domaine de l'automobile, le microprocesseur est le moteur du système. Mais pour faire " tourner " l'ensemble de ce système, il a besoin d'un programme. Le logiciel est composé de deux parties principales. La première : les " pico-codes ", des " briques " logicielles incluses directement dans les processeurs électroniques, programmées lors de la conception. " Les intégrateurs n'achètent plus nos puces sans ces "pico-codes" ", confirme Jacques Bénéteau, directeur pour l'Europe du Sud d'IBM Microelectronics, la branche technologique du géant d'Armonk. La seconde partie logicielle est composée de mémoire réinscriptible, elle aussi incluse dans la puce. Elle est destinée à la mise à jour des logiciels ainsi qu'à la maintenance et à l'ajout de fonctionnalités nouvelles non prévues initialement. La partie " soft " augmente de manière constante dans les applications embarquées. Elle permet d'ajouter plus de flexibilité à la conception d'un système, que ce soit un DVD, un tableau de bord pour l'automobile ou bien encore un GSM. Le fait de concevoir des puces qui comportent un maximum de fonctionnalités dès la conception offre un autre avantage. De cette façon, le " time-to-market " et son corollaire le " time-to-volume " sont beaucoup plus rapides et mieux maîtrisés. Des atouts certains pour les industriels en termes de réactivité sur le marché. L'Institut Forrester confirme cette tendance, notamment pour les téléphones mobiles et la télévision numérique, en raison de leurs besoins énormes en termes de décodage, de qualité de réception, ou encore de filtrage, tous éléments essentiellement logiciels. Là est le principal enjeu actuel des utilisateurs. " L'investissement en logiciel est la part qui coûte le plus cher dans un développement ", affirme Jacques Bénéteau. Et, bien que Big Blue demeure fortement attaché à l'aspect " hardware " des systèmes électroniques, il investit de plus en plus dans le " software ", pour cibler les marchés émergents. " Ce dernier point est particulièrement intéressant quand on sait que 80 % des coûts d'une application sont dus aux seuls développements logiciels ! ", déclare Patrick Méchin, directeur général de la société norvégienne Vsystems, créée en 1986 et spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes électroniques en temps réel et embarqués. Dans ce contexte, il est tout à fait normal que les fabricants de puces montent au créneau, dopés par les nouvelles perspectives de ces marchés émergents. C'est le discours que tient Texas Instruments, leader en processeurs numériques de signal (DSP). Et c'est l'un de ses (prestigieux) clients qui l'assure : " La compatibilité de code au sein de chaque plate-forme de télécommunications nous permet de pérenniser nos investissements en logiciels, tout en offrant une capacité suffisante pour évoluer au gré des fonctionnalités futures ", explique en substance Gosta Lemne, du groupe Corporate Function Technology d'Ericsson. Cette pérennité logicielle est essentielle. " Cela permet à nos clients de personnaliser leurs applications ", expose Jean-Luc Droitcourt, responsable d'Equator Europe. Cette start-up créée en 1996 au Texas a signé ce mois-ci un accord avec Hitachi pour le développement de puces multimédias, nommées Map-CA. Equator a écrit la partie logicielle. En tenant compte du fait que toutes les " briques " logicielles ne seront pas forcément utilisées, mais également que les standards sont amenés à évoluer. " Le diffuseur multimédia ("broadcaster") peut ainsi télécharger ce qu'il veut ", affirme Jean-Luc Droitcourt. Et ce sans avoir à modifier la partie matérielle du système.

Une identité unique pour chaque produit

Dan Dodge, directeur technique du fabricant de systèmes d'exploitation enfouis QNX, confirme : " Tout d'abord, il faut pouvoir effectuer en ligne la mise à jour du système, afin de prendre en compte les futurs standards multimédias. Et, ensuite, offrir aux fabricants la liberté d'imprimer une identité unique à chacun de leurs produits. " Le principal marché visé par le canadien pour ses nouveaux logiciels est bien entendu celui des terminaux multimédias, mais il voit plus loin, vers les systèmes professionnels, comme l'automobile et les publiphones. Mais d'autres applications sont encore à venir. Et tous les industriels s'y intéressent.







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