Efficacité énergétique : Paris met ses écoles à niveau

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© Marc Verhille - Mairie de Paris

La municipalité parisienne a confié à une filiale d’EDF la rénovation de 100 écoles pour réduire de près d’un tiers leur consommation énergétique. Un ambitieux chantier dont l’objectif est garanti par la formule juridique innovante choisie par la Ville.

"C’est le plus grand chantier de rénovation énergétique jamais lancé en France". Dans une salle de classe de l’école élémentaire Asseline, dans le XIVe arrondissement de Paris, l’adjoint au maire de Paris en charge de l’environnement Denis Baupin a détaillé mercredi 14 mars le programme d’amélioration des  performances énergétiques des écoles parisiennes. Un chantier lancé dans le cadre de l’engagement de la Ville de Paris à réduire de 30% d’ici à 2020 la consommation énergétique de ses bâtiments.

Les 660 écoles parisiennes, soit 20% du parc, sont en première ligne. Ce sont 300 d’entre elles qui atteindront cet objectif sous l’actuelle mandature, d’ici à 2014, en plus des 60 écoles devant déjà être modernisées. Les 300 restantes le seront au cours de la prochaine mandature.

Une vingtaine d’écoles sont d’ores et déjà en cours de rénovation dans le cadre d’un contrat pour 100 écoles signé le 1er décembre 2011 avec Nov’écoles, un groupement emmené par EDF Optimal Solution, la filiale d’EDF dédiée aux solutions d’efficacité énergétique. Une première tranche de 47 écoles sera achevée à la fin de l’été 2012, les 53 restantes devant être livrées à la rentrée scolaire 2013. Principales difficultés du chantier : la nécessité de ne travailler qu’en période de vacances scolaires et la grande hétérogénéité des bâtiments, construits entre 1880 et aujourd’hui, qui se retrouve dans leur performances énergétiques. "On fait du sur-mesure", confirme Frédéric Veysseyre, directeur du projet pour EDF Optimal Solution.

Protection du patrimoine

Autre contrainte, "la protection du patrimoine que représentent les écoles de type Jules Ferry nous a fait privilégier la pose de survitrage au remplacement des fenêtres", explique Arnaud Le Bel Hermile, chef du projet pour la Ville. Le renforcement de l’isolation des ouvrants et des façades est bien sûr l’un des moyens mis en œuvre, comme la généralisation des chaudières basse condensation ou l’utilisation d’éclairage basse consommation.

Largement utilisée dans les immeubles de bureau, la régulation automatisée des consommations fait son entrée en classe : "Elle assure plus de la moitié de la réduction de consommation, précise Frédéric Veysseyre. Distribuer l’intelligence dans les locaux, avec des capteurs et des actionneurs, permet d’adapter le chauffage des salles à leur occupation". Un point crucial pour des bâtiments utilisés partiellement le soir ou pendant les vacances pour les centres de loisirs et autres activités périscolaires.

Au final, la réduction visée de 30% des quelque 10 GWh consommés par les 100 écoles devrait faire économiser 850 000 euros par an à la ville, sur une facture annuelle qui s’élève aujourd’hui à 2,3 millions.

Pour Paris, le coût de ces travaux prendra la forme d’un loyer d’environ 4 millions d’euros par an pendant 20 ans. La ville a en effet opté pour une formule novatrice en passant un contrat de partenariat et de performance énergétique (CPPE )avec Nov’écoles. "Il fallait trouver un dispositif permettant de financer avec les recettes de demain les travaux d’aujourd’hui", a justifié Denis Baupin. En charge de la rénovation des écoles mais aussi de leur exploitation-maintenance, EDF Optimal Solutions garantit dans le cadre de ce CPPE les 30% de réduction visés.

En cas de performances inférieures, des malus seront déduits du loyer. "Alors que les contrats de partenariat public-privé concernent plutôt le gros bâtiment neuf, les CPPE sont vraiment tournés vers la rénovation énergétique des bâtiments existants", explique Patrice Siouffi, le DG d’ EDF Optimal Solutions. Seuls cinq contrats de ce type ont été pour le moment signés en France. Mais pour le dirigeant, "c’est une formule d’avenir. Les gisements d’économie d’énergie sont dans l’existant : on est au tout début d’un marché immense".

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1 réaction

corr | 15/03/2012 - 08H21

Une erreur s'est glissée dans le texte.

"Chaudière basse condensation" doit être remplacé par "chaudière à condensation" ou par "chaudière basse consommation"

Dans l'attente de lire vos prochains articles avec intérêt.

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