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Campagne

15/05/2008
La face du monde serait changée par l'élection du fils d'un immigré kenyan, d'origine musulmane.
Campagne Ce ne sera pas une femme mais peut-être un noir. Son destin suscite déjà un engouement universel, jusque dans les banlieues françaises ou sous la plume de la presse économique libérale, comme en témoigne l'enthousiasme de «The Economist». La face du monde serait changée par l'élection du fils d'un immigré kenyan, d'origine musulmane, et d'une anthropologue du Middle West à la tête de la première puissance de la planète.

Barack Obama a déployé, jusqu'à maintenant, son sang-froid pour éviter les pièges de ses propres amis, y compris pour refuser une suspension démagogique de taxes pétrolières, défendue par tous ses adversaires.

Cette campagne verra s'affronter deux personnalités hors du commun car le républicain John McCain, survivant des geôles vietnamiennes, peut surprendre, malgré son âge (74 ans) : il est pour le marché mais ouvert aux questions sociétales, favorable (modérément) à la guerre en Irak, il fera tout pour s'en retirer.

Ce ne sera donc pas une campagne médiocre. Tant mieux car elle nous engage par ses enjeux importants. D'abord l'Irak : cette stupide guerre, mal conduite, a renforcé l'antiaméricanisme. Elle a accentué la fracture creusée par les extrémistes «islamistes ». Elle a coupé le lien ombilical entre l'Amérique et la liberté. Les Américains ne pourront plus prétendre défendre seuls le droit contre la paix du monde.

Ensuite, la lutte pour l'environnement. En quelques années, le combat a changé d'âme. Audelà de l'autisme officiel, le consensus s'installe sous la pression d'hommes politiques de tous bords (comme le républicain Schwarzenegger). Et comme toujours en Amérique, le marché est le plus puissant des moteurs pour transformer une économie où le baril s'installe pour un bon moment à un niveau élevé.

Le commerce mondial : voilà LA grande inconnue. Même Hillary Clinton avait succombé aux sirènes protectionnistes et isolationnistes. Dans une période de crise, l'opinion publique pousse à distendre les liens entre l'Amérique et la Chine. Nul n'a intérêt à une fermeture américaine.

Ces trois questions vont modeler le climat des affaires après la récession que l'Amérique traverse.


Olivier Jay,
Directeur délégué de la rédaction
«L'Usine Nouvelle»

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