Edison : l'imbroglio italien pour EDF
Par Astrid Gouzik - Publié le
L'énergéticien français a décidément bien du mal à mettre la main sur son homologue italien. Le 25 octobre, les membres de l'association d'actionnaires DELMI jugeaient la proposition d'achat d'EDF irrecevable. Pourtant, EDF et les actionnaires italiens de la Transalpina di Energia doivent s'entendre d'ici fin octobre sur le pacte qui partage les pouvoirs entre actionnaires. Tour d'horizon d'un dossier très complexe.
Edison : la société italienne est spécialisée dans la production et la fourniture d'énergie électrique mais aussi de gaz. Sa structure économique est complexe, c’est en partie ce qui explique les difficultés d’EDF pour prendre son contrôle. En effet, elle est contrôlée à 61,3% par Transalpina di Energia (TDE), et à 19,4% par EDF.
EDF : Le groupe français est déjà actionnaire à hauteur de 49,9% de la société italienne, par deux biais. L’un direct : EDF détient en propre 19% du capital d’Edison. L’autre indirectement : par le biais de WGRM (dont EDF est le seul propriétaire), EDF est actionnaire à 50% de Transalpina di Energia (TDE).
TDE : Cette holding est détenue à 50% par WGRM (EDF donc) et à 50% par DELMI. Elle détient 60% du capital d’Edison.
DELMI : il s’agit d’une association d’actionnaires italiens parmi lesquels A2A, SEL, Dolomiti, Mediobanca, Fondazione CRT, et BPM.
A2A : il est le premier opérateur italien dans le secteur du chauffage urbain. Le groupe détient 51% des droits de vote de DELMI. Il est donc actionnaire à hauteur d’environ 25% de TDE. C’est donc un interlocuteur clé pour EDF dans les négociations pour l’acquisition d’Edison.
D’autre part, A2A détient 20% d’Edipower.
Edipower : c’est la filiale opérationnelle du groupe Edison qui la détient à 50%. L’actionnariat restant est réparti entre A2A (20%), Alpiq (20%), et Iren (10%).
Mardi 25 octobre, EDF a annoncé avoir signé un accord préliminaire avec le suisse Alpiq pour reprendre sa participation dans Edipower. Par cette opération, EDF se positionne désormais au même niveau qu’A2A dans Edipower. Cela lui assure d’acquérir un autre niveau dans la négociation. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la nouvelle proposition sur Edison.
Et la suite ?
Malgré l’accord préliminaire avec Alpiq, la deuxième proposition d’EDF a été jugée irrecevable par A2A. Le groupe français a proposé aux actionnaires italiens (DELMI) de racheter leurs titres Edison dans trois ans. "Nous ne pouvons pas brader Edison", a insisté Graziano Tarantini, président du conseil de surveillance d’A2A.
Cependant, ces actionnaires peuvent toujours accepter le projet d’accord proposé par EDF en mars. Ils étaient en effet parvenus à un accord, mais le ministre de l'Economie Giulio Tremonti avait bloqué sa conclusion afin de défendre l'"italianité" d'Edison, après la controverse suscitée dans la péninsule par le rachat de Parmalat par Lactalis. Mais il devront faire vite puisque l’échéance des négociations est fixée au 31 octobre. Si aucun accord n’est trouvé, les actions Edison détenues par TDE seront cédées lors d’une mise aux enchères.

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