EDF, tarifs bientôt en hausse et résultats conformes aux attentes
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
EDF demande aux pouvoirs publics une hausse des tarifs de l'électricité au plus égale à l'inflation. Une hausse, "différenciée" demandée pour compenser les hausses des matières premières. Les résultats semestriels sont en phase avec les attentes. L'affair
Bonnes performances malgré la hausse des matières premières. Le chiffre d'affaires d'EDF à 32,2 milliards d'euros est pour le premier semestre en hausse de 6,4%, mais obéré par un résultat net en baisse de 3,7% à 3,1 milliards d'euros « du à un effet mécanique à court terme du programme d'investissement (ndr : 4,1 milliards d'euros en hausse de 36% à semestre comparable) qui vise à consolider les résultats industriels du groupe sur les différents marchés », a commenté Pierre Gadonneix. Lequel est néanmoins satisfait de ces résultats dans un contexte de hausse rapide des hydrocarbures, du gaz et du charbon. Avec une dépense de plus de 6 milliards d'euros, l'impact du coût d'achat des combustibles est évalué à 1 milliard d'euros. En corollaire de cette hausse, l'augmentation du prix de l'électricité sur le marché de gros est « difficile à répercuter sur le marché du client final domestique. » Ce qui pondère l'Ebitda, établie à 1,3% pour le chiffre d'affaires réalisé en France, en hausse de 8% et une marge brute de 6%. La répercussion de ces tarifs de gros est elle plus forte à l'international, ce qui contribue à une croissance de 10% du CA hors de l'hexagone. Sur l'exercice 2008, EDF table sur un objectif de croissance organique de 3% et sur une progression du résultat net, indépendamment de la prolongation du Tartam (tarif réglementé transitoire d'ajustement du marché).Une hausse des tarifs au « au plus égale à l'inflation » demande Pierre Gadonneix pour le particulier, mais aussi une hausse "différenciée", lui permettant de facturer de discriminer le particulier de l'entreprise. Le PDG justifie cette demande par « nos coûts d'exploitation et volume d'investissements qui augmentent du fait des matières premières. Mais aussi de l'accélération de notre programme de réalisation de nouvelles capacités de production, du développement des réseaux et des coûts de maintenance ». Si les pouvoirs publics s'alignent sur l'inflation, le consommateur peut s'attendre à une augmentation des tarifs proche de 3%, soit le maximum autorisé. Pour les entreprises, cette hausse peut être supérieure, tout comme les tarifs hors de France.
L'échec British Energy. « Je vous confirme ce que nous avons indiqué dans la soirée d'hier. Après des discussions approfondies, et au vu des exigences financières des uns et des autres, les conditions ne sont pas remplies pour mener à bien cette opération », indique Pierre Gadonneix. Néanmoins, le patron d'EDF confirme son ambition d'être un « acteur majeur » en Grande-Bretagne et considère « que le marché anglais sera le premier marché de centrales nucléaires dans les années à venir ». Sur une évaluation de 10 centrales nucléaires à construire, EDF ambitionnent d'en réaliser au moins 4. Il y a un peu plus d'un an, le groupe a déposé une demande de certification de l'EPR sur le modèle de Flamanville et le P-DG s'est dit confiant pour obtenir cette certification. Des terrains ont aussi été acquis près des sites nucléaires existants et des discussions ont lieu avec British Energy et Npower propriétaires de terrains pour les modalités des futures implantations.
Des développements à l'international laborieux. Après l'échec financier sur la prise de contrôle de British Energy, les rumeurs abondent sur d'éventuelles consolidations en Allemagne et bien sûr en Espagne, où le feuilleton Iberdrola à fait couler beaucoup d'encre. Sur ces deux points, le patron d'EDF est très clair : « les rumeurs sur l'Allemagne sont un non sujet. Quand à l'Espagne, je vous confirme que nous ne voulons pas prendre de position significative sur Iberdrola ». Et de rappeler que le groupe est présent en Chine en partenariat avec le chinois CGNPC pour le développement de deux centrales EPR, dont une en cours de construction ; les discussions sur les licences aux Etats-Unis avec Constellation ou encore l'attente d'une réponse sur l'appel d'offres lancé par Escom en Afrique du Sud. Des projets certes importants, mais qui résonnent un peu comme des lots de consolation, alors que les portes semblent se refermer en Angleterre, Espagne ou Belgique sous la pression des groupes concurrents et autres aléas financiers.
F.F.

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