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EDF: le milliard perdu

Le 10 février 2010
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Fabrice Frossard
© SL
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« Qui veut perdre des millions », raillait le député UMP Claude Birraux, en marge de l’audition d'EDF par l'Office parlementaire de l'évaluation des choix scientifiques et technologiques le 16 décembre dernier. En ironisant sur la gestion d’EDF, Claude Birraux aura sans doute encore du grain à moudre lors de la présentation des résultats du groupe jeudi. Récemment, le groupe évaluait chaque journée d’arrêt d’une centrale à 1 million d’euros. Selon la CGT, les centrales ont cumulé 1 360 jours d’arrêts non prévus en 2009. A 1 million d’euros par jour, c’est donc 1,36 milliard d'euros de manque à gagner pour EDF. Un chiffre relativement confirmé lors de l'annonce des résultats par Daniel Camus, l'argentier du groupe : le coefficient de disponibilité des centrales nucléaires, au plus bas à 78%, a causé un «manque à gagner d'un milliard d'euros», a-t-il fait savoir.

Ces jours d'arrêts imprévus sont souvent imputés aux grèves qui ont émaillé l’année. Or Philippe Thorion, dirigeant d'EDF, chiffrait le coût des celles-ci à 38 TWh, soit environ 80 millions d'euros de manque à gagner. Comparées au milliard, les grèves seraient donc responsables de seulement 5 % de ces arrêts. Le reste ? Les conséquences d’une politique low-cost affirme la CGT, en phase avec Claude Birraux. Politique de maintenance en tranches offertes aux moins-disants, manque de formations des techniciens et des ingénieurs, etc.

Pour revenir sur le million d’euro de manque à gagner d’EDF par jour d’arrêt, l’électricien évalue le coût de l'arrêt du réacteur n°1 de Flamanville à 22 millions d’euros pour… 145 jours. 20 millions d'euros pour l’arrêt de tranche, auxquels se sont additionnés plus de 2 millions d'euros d'intervention imprévue pour remplacer un bouchon du générateur de vapeur. Des chiffres visiblement incohérents avec le million d’euros par jour d’arrêt. On suppose dès lors qu'aux 22 millions de dépenses sèches s'ajoute une centaine de millions d'euros de manque à gagner lié à l'électricité non produite de manière imprévue, l'arrêt de tranche était censé durer 47 jours et demi. « Vous poserez la question lors de la présentation des résultats », nous-a-t-il été répondu. Nous n’y avons pas manqué, sans succès.

Mais nous ne manquerons pas non plus de surveiller la méthode envisagée par EDF pour réduire sa dette de 36,8 milliards d’euros, sans augmenter ses tarifs d’ici à 2015. Le groupe jure qu’il n’en est pas question. Réponse bientôt ?

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1 réaction

zelectron | 13/02/2010 - 09H37

L'opacité, les faux semblant, les pirouettes verbales, les silences (pas si gênés que ça), les discours vides de sens, les harangues, les vœux pieux, sont les moyens habituels de communication de ce genre de structure. Nous lecteurs qui "tapons" si souvent sur les journalistes devons reconnaître que ce métier est frustrant au possible et avec EDF on atteint le paroxysme! @SL: tenez bon, merci pour l'info de la non-info, courage !

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