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EDF lance un cycle combiné gaz aux Pays-Bas

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  EDF et l’électricien néerlandais Delta ont inauguré vendredi une centrale électrique à cycle combiné gaz aux Pays-Bas. Un jalon précieux pour EDF dans le Bénélux, alors qu’un réacteur nucléaire pourrait y être commandé.

« Savoir-vivre français » opposé à la « sobriété toute calviniste » néerlandaise. « Coupable légèreté » hexagonale, versus « polder » hollandais (tradition de concertation destinée à obtenir un consensus). L’inauguration de la centrale construite et exploitée en commun par EDF et Delta a donné lieu à quelques traits d’humour sur une coopération dans laquelle « on n’aime pas se faire marcher sur les pieds ». Située à Vlissingen-Oost (sud-ouest), la centrale d'une puissance de 870 mégawatts a été livrée « clé en mains » par Siemens. L'électricité produite est partagée à parts égales entre Delta, qui s'en sert pour alimenter ses %%HORSTEXTE:0%%clients (Total, Arkéma et Péchiney ont des sites voisins de raffinage, engrais, pétrochimie, phosphate) et EDF, qui la revend sur les marchés de gros, via sa filiale de courtage en énergie EDF Trading. Un équilibre incarné par une « centrale-doublon » : deux alternateurs d’une puissance de 435 MW couverts d’une tôle de la même couleur verte, et qu’EDF et Delta s’échangent d’une semaine sur l’autre, pour qu’un défaut éventuel ne pénalise aucun des partenaires.

Flexibilité et sécurité d’approvisionnement. La centrale peut suivre la demande à la demi-heure près : elle peut démarrer et atteindre sa pleine puissance en 40 minutes. Les Pays-Bas sont particulièrement dépendants du gaz : ce dernier compte pour 60% de leur mix énergétique, contre 5% pour le nucléaire et 5% pour le renouvelable (biomasse, éolien, solaire). « Lorsque nous avons décidé de construire cette centrale en 2007, les Pays-Bas étaient un importateur net d'électricité », indique Michel Gasc, responsable de la coentreprise entre Delta et EDF, Sloe Centrale BV. Limités aux 16 TW sur place, il leur manquait toujours de 1 à 2 TW qu’il leur fallait acheter chez les voisins.

Cette centrale est la première à être mise en service sur un parc vieux de 25 à 35 ans : « 5 à 6 autres projets arrivent dans la foulée », affirme Michel Gasc. Une bonne partie du parc arrivant en fin de vie, une nouvelle centrale nucléaire pourrait avoir sa place, selon les

Deux turbines pour un même alternateur

Dans une centrale thermique, un tiers de l’énergie thermique du combustible sert à entraîner le compresseur, un autre tiers est transmis à l’alternateur pour produire de l’électricité, et un dernier tiers est perdu sous forme de chaleur. Le principe d’une centrale à , est de réutiliser une partie de cette chaleur perdue lors de la combustion. Lorsque le gaz est brûlé, à la sortie de la turbine à combustion, les gaz d’échappement (650 degrés Celsius) sont récupérés dans une chaudière. Cela permet de produire de la vapeur, et de faire tourner une turbine. Avec la même quantité de combustible (gaz), il y a une double production d’électricité : celle de la turbine à combustion et celle de la turbine à vapeur. Les deux turbines sont couplées au même alternateur. Le rendement est meilleur : 58% à Vlissingen contre 40% en moyenne dans une turbine à combustion classique. Le bon rendement de Vlissingen est aussi dû au fait que la Mer du Nord, particulièrement glaciale, refroidit de façon très efficace l’eau (vapeur) qui circule dans le circuit fermé de la chaudière.
positions que prendront les candidats aux élections législatives à l’automne 2010.

Un jalon vers le nucléaire. « Avec le réchauffement climatique, il y a un changement d'atmosphère en faveur de l'énergie nucléaire aux Pays-Bas », confirme Peter Boerma, PDG de Delta. Le patron du quatrième électricien aux Pays-Bas (deuxième sur un critère de nationalité derrière Eneco, Essent ayant été racheté par l’allemand RWE, et Nuon par le suédois Vattenfall) a indiqué que Delta comptait se développer dans le nucléaire en s'associant avec un autre groupe. EDF n’est donc pas complètement désintéressée dans cette affaire. Les Pays-Bas ne possèdent qu’une centrale  nucléaire, dont Delta détient des parts. Sous réserve de volonté gouvernementale, Delta entend dès lors demander un permis pour implanter un nouveau réacteur aux Pays-Bas au deuxième semestre 2010. « Nous suivons avec intérêt ce que fait Delta dans le domaine », a confié Marc Boudier, directeur Europe d'EDF, ajoutant : « si un jour Delta a besoin d'un partenaire, il connaît notre adresse ».

Profiter de la chute des prix du gaz. Sans aller jusqu’à une hypothétique vente d’EPR, EDF compte profiter dès à présent des cours relativement élevés sur les marchés de gros pour revendre l'électricité produite à bon prix et réaliser des marges importantes :  les prix du gaz ont grandement chuté ces deniers temps. Ces prix représentent entre 60 et 80% (selon que le gaz est bon marché ou non) du prix au MWh de l’électricité sortant d’un cycle combiné gaz, indique Alain Verry, Directeur délégué de la direction de la production et de l'ingénierie thermique d'EDF. En ce moment, le prix tourne autour de 30 à 35 euros le MWh de nuit, et 60 à 70 euros le MWh de jour.

Un pied dans le Bénélux. Pour EDF, il s’agit aussi de « s'installer plus largement au Bénélux », alors que les Pays-Bas constituent une plaque tournante du gaz et de l’électricité. Le groupe public français a racheté en 2009 le deuxième groupe d'électricité belge, SPE Luminus, qui compte dans son mix deux cycles combinés gaz. « Il y a 10 ans, EDF faisait 5% de son chiffre d'affaires hors de France, aujourd'hui, c'est 50% », a souligné Marc Boudier.

Avant d’appuyer sur un bouton vert géant projeté sur un écran, symbolisant le démarrage de la centrale électrique, la chansonnière et actrice Liesbeth List a entonné en français « Non rien de rien, non, je ne regrette rien » d’Edith Piaf, avant de conclure par « Savoir aimer » de Florent Pagny, en guttural néerlandais. De quoi sceller le pacte entre « buveurs de lait caillé », « pingres et organisés » d'une part, et « bricoleurs… » de génie d'autre part, prompts aux promesses « à la française ».

 


La centrale fait également un peu de cogénération, en livrant de la chaleur à une usine voisine.

La turbine à vapeur

La salle des commandes

Les transformateurs électriques

La turbine à vapeur

Le transport de l'alternateur

Le transport de l'alternateur

Le transport de l'alternateur

Le transport de l'alternateur

Le transport de l'allternateur

Le transport de l'alternateur

Le transport de l'alternateur

Le transport de l'alternateur

Le transport de la turbine. En arrière-plan, le charbon : la centrale a été construite sur un territoire gagné sur la mer, entourée d'éoliennes, d'une centrale nucléaire et d'une centrale à charbon.

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

Le transport de la turbine

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4 réactions

anaLutzky | 16/02/2010 - 16H55

@ GT_engineer : en effet, le chiffre est corrigé
@ a : Le rendement compare l’énergie qui sort de la centrale sous forme électrique, et l’énergie sous forme de gaz qu’il a fallu brûler à l’entrée de la centrale. Le principe du circuit fermé d’eau est le suivant : l’eau se transforme en vapeur sous la chaleur de 650 °C (chaleur des fumées d’échappement de la turbine à gaz), la vapeur fait tourner la turbine, puis cette vapeur est refroidie et revient à l’état liquide, et ainsi de suite. Ailleurs, il faut dépenser de l’énergie pour apporter du froid. Ici l’eau de mer est déjà très froide, il suffit de la pomper et de la faire circuler. Le rendement est donc meilleur.

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anaLutzky | 16/02/2010 - 16H54

@ GT_engineer : en effet, le chiffre est corrigé
@ a : Le rendement compare l’énergie qui sort de la centrale sous forme électrique, et l’énergie sous forme de gaz qu’il a fallu brûler à l’entrée de la centrale. Le principe du circuit fermé d’eau est le suivant : l’eau se transforme en vapeur sous la chaleur de 650 °C (chaleur des fumées d’échappement de la turbine à gaz), la vapeur fait tourner la turbine, puis cette vapeur est refroidie et revient à l’état liquide, et ainsi de suite. Ailleurs, il faut dépenser de l’énergie pour apporter du froid. Ici l’eau de mer est déjà très froide, il suffit de la pomper et de la faire circuler. Le rendement est donc meilleur.

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a | 16/02/2010 - 11H22

Bonjour,

question : pourquoi le rendement est meilleur grâce à l'eau glaciale de la mer du Nord?

si quelqu'un a une explication,

merci

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GT_Engineer | 15/02/2010 - 19H04

C'est un gros rigolo le gars qui parle de 850°C en température des gaz d'échappement! A mon avis, il s'agit d'une coquille (un 6 qui serait malencontreusement devenu un 8...).

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