"EDF et GDF-Suez éviteront la confrontation directe"
Le 18 août 2010 par Rémy Maucourt
Jacques Percebois est directeur du Creden (Centre de Recherche en économie et Droit de l'énergie) à l'Université Montpellier I. Il analyse la compétition entre les deux grands leaders français de l'énergie: EDF et GDF-Suez.
UsineNouvelle.com: Le développement de GDF-Suez à l'international est il une façon de contrer la domination d'EDF en France, confirmée par le rapport Roussely?
Jacques Percebois: Il ne faut pas oublier que la volonté de rachat d'International Power est antérieure au rapport Roussely. Même si GDF en avait anticipé les conclusions: le leader français du nucléaire sera EDF. A l'international, GDF est plus diversifié, depuis longtemps.
La compétition sera moins forte en France sur le nucléaire, mais sera certainement présente à l'international. GDF est plus fort sur les pays émergents. Je ne crois pas qu'ils chercheront l'affrontement frontal, ils n'ont rien à y gagner. Les deux groupes disposent de perspectives intéressantes.
Concernant les pays émergents, pourquoi GDF-Suez n'exploite aucune centrale en Chine et en Inde?
L'Inde est encore un marché assez fermé, ils n'ont pas encore fait de choix à long terme. Quant à la Chine, elle n'est peut-être pas si intéressante pour GDF-Suez. Les chinois acceptent les technologies, mais refusent que les occidentaux exploitent les centrales. Les constructeurs ne peuvent y espérer de bénéfices qu'à court ou moyen terme.
Si GDF n'est pas présent aujourd'hui dans ces grands pays, il n'est pas exclu qu'il y vienne plus tard: des opérations sont déjà en cours avec Areva, qui est présent en Inde.
Comment se positionne Areva entre les deux grands groupes?
C'est un des enjeux du rapport Roussely. Dès sa création en 2001, Areva a souhaité devenir plus autonome d'EDF. Mais sans savoir exploiter une centrale, il est difficile de remporter de gros contrats. L'échec d'Abou Dhabi a été causé par l'absence d'EDF.
François Roussely a souhaité réorganiser les choses en partant de ce constat: à l'international, le nucléaire français est associé au nom d'EDF. Il aura donc la maîtrise d'oeuvres des divers projets nucléaires. Mais Areva va-t'elle travailler uniquement avec EDF? Le rapport Roussely ne ferme pas la porte, tout est possible.
Les deux groupes vont-ils se partager le marché?
Je ne crois pas à l'idée d'un "Yalta de l'électricité". Mais de part leur histoire, les stratégies des deux groupes sont différentes, et même complémentaires sur certains points. GDF a été conforté par le rapport Roussely dans sa volonté de diversification géographique et technologique.
La France a deux leaders bien placés. Le gouvernement prendra sûrement à coeur qu'il n'y ait pas trop de friction entre les deux. La concurrence sera déjà assez forte avec l'extérieur. Je compare cette situation à celle de Total et Elf à une période: ils ne s'étaient pas partagé le monde, mais évitaient la confrontation directe.
2 réactions
BG. | 22/08/2010 - 10H21
J'ai de la peine à comprendre les manœuvres;
GDF-Suez ne fait-il pas parti de la maison, lorsqu'il est venu, à l'appel de Villepin prendre la place de ENEL?
Les deux "compères" réunis se croient donc encore en petite classe de sixième à se chamailler.
Repousser ENEL, se séparer de Seimens, perdre les contrats Arabes en nucléaire, et ne pas aboutir dans l'EPR finlandais, ne semble pas concerner tout ce "petit" monde.
Autre remarque: Il me semblait que la justification d'investissements fondamentaux étaient pour un chef d'entreprise simpliste d'améliorer son produit, en qualité et en prix;
pour couronner l'attitude de"fragiles cerveaux" que semble démontrer toutes ces conduites désordonnées on augmente tant qu'il est possible le prix du KW/h. électrique.
Avec la carpe et le lapin, qu'on se souvienne un peu aussi de la grenouille et du boeuf.
Un plus sage sait qu'il faut prendre d'autres voies fondamentales!
zelectron | 19/08/2010 - 10H44
un pacte de non agression ? hum, hum ! Proglio ?
Roussely était et est la personne la moins objective qui soit, son "rapport" est criant d'erreurs insondables et c'est nous qui allons payer la facture du rapprochement de la carpe et du lapin !

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