Le préfet des Pyrénées-Orientales a délivré à EDF Énergies Nouvelles quatre permis de construire, assortis de prescriptions à respecter « scrupuleusement », pour l’implantation dans le nord-ouest de la plaine du Roussillon de 35 éoliennes. Un investissement de 100 millions d’euros, dont le chantier devrait démarrer fin 2012.
La SAS Parc d’Énergies Renouvelables Catalan, filiale d’EDF EN, peut développer un champ éolien de 35 machines sur quatre communes des Pyrénées-Orientales (Baixas, Calce, Pézilla-la-Rivière et Villeneuve-la-Rivière), membres de la communauté d’agglomération Perpignan Méditerranée (PMCA). Les permis de construire ont été délivrés fin mars par la préfecture. Le projet initial d’EDF EN portait sur 41 machines et 120 mégawatts, mais 6 des 12 éoliennes envisagées à Baixas ont été refusées, pour répondre à l’avis défavorable de la Direction de la sécurité de l’aviation civile, lié au système de navigation de l’aérodrome de Rivesaltes.
La puissance de 96 mégawatts permettra une production "équivalente à la consommation domestique de 125 000 habitants, soit la moitié du bassin de l’agglomération de Perpignan, explique David Augeix, directeur pour la région Sud d’EDF EN France. Ce sera l’un des plus grands parcs éoliens terrestres de France. Outre la proximité d’un grand bassin de consommation, son autre avantage réside dans la présence du poste électrique de Baixas. Nous n’avons pas encore lancé les appels d’offres. Nous préparons le lancement du chantier pour la fin 2012, si tout se déroule bien. C’est un investissement de l’ordre de 100 millions".
Prescriptions techniques sur l’exploitation
L’association Fracas, mobilisée contre le projet éolien, a attaqué le 10 avril les permis de construire en référé suspension. "Nous avons déposé des recours au tribunal administratif pour mise en danger de la population et nous attendons une réponse du juge d’ici le 10 juin", explique Marc Madine, son président. Fracas avait déjà déposé une demande d’annulation de la zone de développement éolien sur laquelle se situe le projet.
Météo France avait donné un avis défavorable au projet éolien le 10 août 2010, ainsi que la commission d'enquête publique le 25 janvier 2012. Mais selon la préfecture, EDF EN, Météo-France et la Direction générale de la prévention des risques du ministère, assistés de l’Onera, "ont recherché des réponses techniques pour lever les doutes". EDF EN a pris l’engagement d’utiliser des éoliennes équipées de pales à signature réduite dans l'environnement du radar météorologique d'Opoul-Périllos.
"Nous devrons réaliser, ainsi que la préfecture, des mesures de contrôle, affirme David Augeix. Les pales discrètes, dont un prototype grandeur nature tourne au Royaume-Uni, causent une gêne trois fois inférieure aux modèles standards pris par Météo France." Le préfet va prendra un arrêté complémentaire pour assurer que les engagements d'exploitation seront "scrupuleusement respectés" et la commission des sites donnera son avis sur le projet d’arrêté préfectoral à la fin juin.
Au sein de l’Ecoparc catalan
Le parc éolien d’EDF EN s’inscrit dans un projet de la communauté d’agglomération Perpignan Méditerranée baptisé Écoparc catalan. Cette "plateforme expérimentale de production des énergies renouvelables" vise à faire de l'agglomération "la première à énergie positive d'Europe", en associant éolien, réseau de chaleur, photovoltaïque, biocarburant et méthanisation. La centrale photovoltaïque au sol, autre projet majeur de l’Écoparc catalan porté par La Compagnie du Vent sur 8,9 hectares d’un ancien centre de stockage de déchets du col de la Dona à Calce, a obtenu son permis de construire le 18 janvier.









