Ecomouv' prend les rênes du système de perception de l'écotaxe poids lourds
Par Christophe Dutheil - Publié le
Après un blocage juridique de plusieurs mois, le projet d'écotaxe poids lourds reprend la route. L'État vient de conclure un partenariat pour la mise en place du futur télépéage avec Ecomouv', une filiale de la société d'autoroutes italienne Autostrade spécialement créée pour ce projet. Avec le soutien de quatre partenaires français : Thales, Steria, SFR et la SNCF.
Feu vert "définitif" pour l'éco-taxe poids lourds, considérée comme un projet phare du Grenelle de l’environnement, censé rapporter de l'ordre de 1,2 milliard d’euros par an à L'État français. Contestée en justice par un consortium réunissant Sanef, Siemens et Atos, l'attribution du contrat lié à l'installation du nouveau système de télépéage poids lourds à Autostrade en janvier 2011 a finalement été confirmée en juin par le Conseil d'État. Et la filiale française Ecomouv' du groupe italien, créée pour ce projet, vient de se voir consacrée dans son rôle par le ministère de l'Écologie et des Transports et le ministère du Budget. Lesquels lui ont officiellement accordé le 20 octobre 2011 un "contrat de partenariat relatif à la mise en place de la taxe poids lourds."
2,8 milliards d'euros
C'est bien sûr une bonne nouvelle pour Autostrade per l’Italia, actionnaire d'Ecomouv' à hauteur de 70%, qui estime à 2,8 milliards d'euros la valeur de ce contrat d'une durée de 13 ans et 3 mois portant sur le développement, l'exploitation et la maintenance du système de perception et de contrôle de l'écotaxe. En charge de la maîtrise d'œuvre et de l'intégration du dispositif, la société fournira "tous les ouvrages civils et métalliques", "l’infrastructure technique du réseau de distribution" et "le système de collecte", dont les équipements embarqués.
C'est aussi un contrat d'envergure pour ses nouveaux partenaires français, qui se partagent les 30% restants d'Ecomouv' : Thales (11%), SNCF (10%), SFR (6%) et Steria (3%).
Selon Ecomouv', à l'issue de la phase de conception et de construction (qui devrait durer 21 mois), chaque poids lourd de plus de 3,5 tonnes empruntant les 15 000 kilomètres de routes nationales et départementales "disposera d’un équipement embarqué assurant la géolocalisation satellitaire et la communication des données de calcul de la taxe (kilométrage parcouru, classe du véhicule)".... Et "le contrôle des redevables s’effectuera automatiquement au moyen des équipements répartis le long du réseau ou manuellement par les agents des corps de contrôle."
Au moins 300 emplois en France
Sans surprise, l'opérateur SFR interviendra dans les réseaux et les solutions de "machine-to-machine" (M2M) permettant de connecter les équipements embarqués. La SNCF se chargera pour sa part de "la logistique des équipements embarqués distribués par Ecomouv'" et des opérations de "maintenance terrain", avec l'aide de sa filiale Geodis et de sa branche d'ingénierie SNCF Infra. Et Steria supervisera "la mise en œuvre des systèmes centraux de gestion financière et technique" et "du système de relation client."
Quant à Thales, il apportera la plate-forme de contrôle des véhicules assujettis - comprenant "le contrôle automatique (fixe ou déplaçable) des poids lourds réalisé sur les 673 points de passage", "le contrôle manuel mobile" équipant les véhicules et le "contrôle manuel portable" destiné aux agents - et les systèmes de supervision et de traitement des anomalies.
Reste une zone d'ombre : qui fournira les équipements embarqués dans les camions ? Début 2011, les cinq partenaires affirmaient que le projet entraînerait la création ou le maintien d'au moins 300 emplois en France, mais aussi "la production des équipements embarqués des poids lourds à Châtellerault." Contacté, Thales, qui dispose d'un site spécialisé dans l'avionique à Châtellerault, n'était pas en mesure de nous confirmer s'il est le mystérieux fabricant de ces équipements avant la publication de cet article. Ou si un autre fournisseur implanté localement sera appelé en renfort...

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