La solidité des établissements bancaires suscite de plus en plus d'inquiétudes. Pas seulement sur les marchés financiers, mais aussi chez les industriels qui craignent de perdre une partie de leur trésorerie si l'une de leurs banques venait à faire défaut.
Le directeur financier d'EADS, Hans-Peter Ring, a ainsi admis, lors de l'Assemblée générale du groupe du 31 mai dernier, étudier la faisabilité d'une banque interne. Cette banque permettrait au groupe aéronautique de gérer en direct tout ou partie de ses réserves de trésorerie, estimées à 11 milliards d'euros.
L'obtention d'une licence bancaire donnerait notamment le droit à l'industriel de déposer son argent directement auprès de la Banque centrale européenne (BCE). "Il y a actuellement 700 milliards d'euros déposés chaque jour à la BCE, remarque Nicolas Darbo, associé du cabinet de conseil financier Accuracy. C'est un placement sûr, mais très faiblement rémunéré…"
Une option que d'autres banques captives auraient décidé de faire jouer au plus fort de la crise bancaire. C'est le cas de celle de Siemens qui aurait déposé près de 500 millions d'euros directement à la Banque centrale européenne.
Avec sa banque "maison", EADS pourrait aussi accorder des prêts à ses clients, comme le font les captives des constructeurs automobiles. Ce qui coûterait toutefois un peu plus cher… La banque de l'industriel devrait en effet satisfaire aux contraintes réglementaires de Bâle III, qui impose des ratios de liquidité et des ratios de fonds propres exigeants pour sécuriser l'activité de crédit. "Cela s'avère plus compliqué pour les banques captives, car elles n'ont en général pas de dépôts de leurs clients", remarque Nicolas Darbo.
Pour l'heure, cela ne semble toutefois pas être la principale option envisagée par le groupe aéronautique. Malgré quelques sueurs froides l'année dernière, les financements bancaires d'avions n'ont en effet pas été arrêtés.









