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EADS / ravitailleurs : haro sur le protectionnisme américain

Le 11 mars 2010 par Matthieu Maury
A330 MRTT
© DR

Passe d’armes oratoires entre les deux rives de l’Atlantique. Le retrait de l’appel d’offres américain des avions ravitailleurs par le tandem EADS-Northrop Grumman déclenche de sévères critiques envers le Pentagone de la part des gouvernants européens.

Les responsables politiques français sont les plus prolifiques en la matière. Le Premier ministre estimait hier que l’attitude du gouvernement américain constitue « un manquement grave aux règles qui sont celles d'une concurrence loyale entre nos économies. » Pour François Fillon, les règles du jeu ont été pipées en faveur de Boeing, reprenant ainsi l’argumentaire de Northrop et d’Airbus qui stigmatise notamment la petite taille de l’avion redéfinie dans le dernier cahier des charges.
Luc Chatel a indiqué que Nicolas Sarkozy aura l’occasion d’évoquer la question avec le président Obama lors sa visite officielle à Washington le 30 mars. « On nous accuse toute la journée de protectionnisme, la vérité c'est que nous sommes ouverts et que certains sont totalement fermés, et ça n'est pas normal », a assené le porte-parole du gouvernement.
Le quai d’Orsay a annoncé que la France, avec la Commission européenne et ses partenaires européens concernés, procédera à l’examen de « ce nouveau développement et de ses possibles implications ».
Un député UMP, Bernard Carayon, a même accusé les hauts fonctionnaires du Pentagone de corruption. « On ne peut pas jouer avec les tricheurs », a-t-il déclaré.

Les réactions sont plus tempérées du côté de l’Allemagne, où le porte-parole d’Angela Merkel a considéré comme contradictoire l’attitude américaine par rapport à la plainte déposée à l’OMC à l’encontre des aides attribuées à Airbus. « Manifestement la pression politique a été telle qu'on a fait un appel d'offres sur mesure pour Boeing », a tout de même réagi le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle.
Pour le syndicat allemand IG Metall, les gouvernements européens sont en partie responsables de l’échec. « Au lieu de renforcer EADS pour la concurrence internationale, la France crée un nouveau groupe d'aéronautique et de défense avec Dassault et Thales, et en Allemagne, on monte un concurrent pour EADS/Astrium avec le groupe de satellites OHB. Et on ne choisit pas EADS pour la fourniture en drônes de reconnaissance, mais le modèle d'un fabricant israélien », a rappelé sur le site web d’Handelsblatt Bernhard Stiedl, représentant d'IG Metall au sein du conseil de surveillance de la filiale allemande d'EADS.

Le Pentagone avait anticipé les critiques dès mardi, rejetant le favoritisme envers Boeing. « Que l'on n'attende pas de nous que nous nous excusions de vouloir donner aux contribuables le meilleur avion correspondant aux demandes de l'armée de l'Air. Une compétition qui nous amènerait à payer beaucoup plus cher pour des capacités dont nous n'avons pas besoin ne serait pas une bonne compétition. » Le ministère américain de la Défense avait tout de même exprimé sa déception de voir le duo Northrop-EADS se retirer de la course, ajoutant qu’il soutenait « fortement les liens transatlantiques dans l'industrie de défense ».
Quant à Robert Gates, le secrétaire d’Etat à la Défense, il affirme aujourd’hui que d’âpres négociations seront menées avec le rival d’Airbus. « Nous allons certainement tailler nos crayons pour négocier le contrat avec Boeing », ajoutant que le retrait américano-européen ne devait pas retarder davantage un programme attendu depuis longtemps. Autant dire qu’un nouvel appel d’offres sur les ravitailleurs a très peu de chances de voir le jour.
 

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3 réactions

itcha | 16/03/2010 - 16H21

Obama l'avait laissé entendre : rapatrier le travail aux Etats-Unis et le conserver lorsque cela est possible sur place. Pas de cadeaux, voyez ce qu'ils font à Toyota !!!

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Monka | 11/03/2010 - 19H59

Bonjour...
C'est un malheur de voir ce manque de dialogue.
Il y a beaucoup a écrire.
Je n'ai pas le pouvoir d'écrire ce que je pense, mais aussi de donner les solutions.
Bon vent...Jean Marie Monka.

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Perceval | 11/03/2010 - 19H18

Il ne faut quand même pas exagérer.
En tant que français, je verrais d'un très mauvais oeil que l'armée française s'équipe d'avions de chasse ou de ravitailleurs américains au détriment de Dassault ou EADS.
Ce qui n'est pas normal, peut-être, c'est le fait de lancer un appel d'offres international et de piper les dés ensuite.

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