EADS privilégie une solution européenne pour ses usines cédées19/12/2007
Latécoère, GKN et MT Aerospace ont été choisis pour reprendre les sites d'Airbus mis en vente. Le groupe européen d'aéronautique a donc écarté l'américain Spirit Aerosystems.
Les six usines d'Airbus et d'EADS mises en vente dans le cadre du plan Power8 ont enfin leurs repreneurs : comme prévu, le français Latécoère est choisi pour les sites de Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire Ville (Loire-Atlantique). Demi-surprise : c'est l'anglais GKN, et non l'américain Spirit Aerosystems, qui est sélectionné pour le site de Filton. Enfin, c'est bien une solution allemande qui prévaut pour les usines d'Augsbourg, Varel et Nordenham avec comme repreneur la société MT Aerospace (OHB Technology). Là encore, le géant Spirit Aerosystems est recalé car trop lié à Boeing. Le puissant syndicat des métallos allemands, IG Metall, s'opposait totalement à l'arrivée de Spirit Aerosystems et privilégiait MT Aerospace. Période transitoire pour Latécoère et MT Aerospace Airbus entame ainsi des négociations exclusives avec ces trois repreneurs européens, avec l'objectif de signer les accords de cession définitive d'ici au printemps 2008. Ce désinvestissement représente 1,85 milliard de coûts en moins pour le groupe européen et 9 400 salariés. Pour tenir compte de la taille des repreneurs, EADS et Airbus ont choisi de procéder via des joint ventures avec Latécoère et MT Aerospace. Airbus conservera une participation minoritaire substantielle (jusqu'à 49%) pendant au moins trois ans, afin de « superviser étroitement la transition » de ces usines, notamment vers les technologies composites prévues dans le programme A350XWB. MT Aerospace, avec ses 1 000 salariés et ses 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, n'offrait pas à priori le profil idéal pour reprendre un tel ensemble industriel, qui nécessitera de très lourds investissements. De plus, il n'a qu'une expérience très limitée dans la fabrication de pièces aéronautiques. De son côté, Latécoère semble aussi un peu sous-dimensionné (480 millions d'euros de ventes prévus en 2007), et surtout, l'industriel toulousain a une structure financière assez tendue avec un taux d'endettement de 140 % (dette/capitaux propres). Il a toutefois une vraie expérience dans les aérostructures, et cette opération lui permettra de doubler de taille. Par contre, avec ses 40 000 salariés et ses 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, GKN est considéré comme apte à reprendre la totalité du capital de l'usine de Filton. GKN fabrique de nombreuses pièces d'aérostructures pour Airbus et Boeing, et connaît parfaitement les dernières technologies composites. Le temps presse pour l'A350XWB EADS et Airbus, qui ont tergiversé pendant de longs mois, étaient pris par le temps. La reprise des sites conditionne en effet l'avancée du programme A350XWB puisque les repreneurs seront automatiquement partenaires de rang 1 de cet avion long courrier. Airbus doit impérativement démarrer la phase de définition détaillée de l'appareil avec pour objectif de l'achever d'ici fin 2008. Pour cela, il a besoin de créer très vite le plateau de développement avec ces « tier » partners que seront GKN ou Latécoère. Les premiers outillages pour les fuselages en composites (machines à draper, autoclaves), qui nécessitent au moins douze à dix-mois pour leur fabrication et leur mise au point, doivent en effet être commandés au plus tard début 2008 afin qu'ils soient opérationnels mi-2009. Car c'est à cette période que la production de l'A350XWB doit absolument démarrer pour ne pas être en retard. G. L.-B.
A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3082
du 20 décembre au 9 janvier 2008
« Le quitte ou double de Latécoère », rubrique Entreprises et Marchés |
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