EADS-Northrop : remous politiques aux Etats-Unis

Le 04 mars 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  EADS
a330

La présidente démocrate du congrès, Nancy Pelosi, réclame un examen du contrat des avions ravitailleurs par la Chambre des représentants. Protectionnisme ou sécurité nationale ?

Les démocrates apprécient modérément qu'EADS ait été préféré à leur champion national pour fournir des avions ravitailleurs au Pentagone. Dans un communiqué cité par l'AFP, Nancy Pelosi, la présidente démocrate du Congrès américain prend prétexte de la sécurité nationale pour justifier un examen du contrat par la Chambre des représentants : « Quelles sont les implications de sécurité nationale liées à l'utilisation d'un avion fourni par une société étrangère pour cette mission essentielle ? », s'interroge-t-elle. Dans ce même communiqué, Mme Pelosi demande à l'Armée de l'Air de se justifier et expliquer « en quoi cette décision (...) correspond aux besoins à long terme de notre défense et des américains », et de boucler sur l'impact pour l'emploi, « a-t-on prêté suffisamment d'attention à l'impact de ce contrat sur les emplois en Amérique et sur notre sphère technologique ? », s'interroge Mme Pelusi. Solidaire, dans le camp démocrate Barak Obama le candidat à l'investiture y va aussi de sa critique, « Il m'est difficile de croire qu'une entreprise américaine historiquement source d'excellence aéronautique ne puisse pas réaliser ce travail », a-t-il déclaré. Hillary Clinton surecnhérit sur son advsersaire et ne comprend pas comment « l'administration Bush concède un des deux plus importants contrat historique du Pentagone à une équipe comprenant une entreprise européenne par ailleurs poursuivie (dans le cadre de l'OMC) par le gouvernement américain pour avoir bénéficié de subventions illégales.»

En réponse, le Pentagone et l'Air Force défendent leur choix EADS- Northrop, affirmant que leur offre surpasse celle de Boeing sur tous les critères retenus et que l'avionneur américain n'a pas été « compétent pour défendre son cas ».

Une bataille politique locale



Prétexte politique ou manœuvre de Boeing ? Ce contrat portant sur la livraison de 179 appareils pour 35 milliards de dollars est un véritable camouflet pour l'avionneur à qui l'armée de l'air avait confié un contrat de location-vente pour ses ravitailleurs en 2003. Suite à la mise à jour d'irrégularités ce contrat a été dénoncé, ce qui a coûté la prison à deux responsables de l'avionneur et poussé à la démission le secrétaire à l'Armée de l'Air américaine. Etrangement, Boeing reste relativement silencieux, laissant les politiques monter au créneau.

A Mobile en Alabama, ou EADS et NorthRop implanteront leurs deux unités d'assemblages, les politiciens locaux préparent déjà la contre-offensive contre Boeing. L'enjeu est d'importance. A commencer par la venue de la sous-traitance et d'une main d'œuvre hautement qualifiée avec une augmentation notable du salaire moyen. Le journal local, AL.com cite une étude de Forbes portant sur la croissance du Comté de Mobile : 34,1% d'ici à 2012. Le projet d'assemblage des avions 179 KC-45A ainsi que celui des A330 créera selon le quotidien local de Mobile environ 1800 emplois. A Seattle, siège de Boeing, en revanche, le Seattle Times affirme que la perte de ce contrat coûtera 2000 emplois dans un premier temps et 6000 à terme.



Fabrice Frossard

Sarkozy : "Nous sommes les amis des Etats-Unis"

A l'occasion de l'inauguration du Cebit hier à Hanovre en compagnie d'angela Merkel, Nicolas Sarkozy rappelait que la victoire commerciale d'EADS a été facilité par l'amitié de Berlin et Paris témoignée pour les Etats-Unis. "Si l'Allemagne et la France n'avait pas affiché depuis le début que nous étions des amis, des alliés des Etats-Unis, est-ce que ça aurait été possible, une telle victoire commerciale ? ", s'interrogeait le Président de la république avant de poursuivre, " L'Allemagne et la France, une nouvelle fois vis-à-vis des Etats-Unis, ont parlé de la même voix. Je ne suis pas sûr que c'eût été possible dans les mêmes conditions dans un autre contexte diplomatique que celui-ci".

Pour conclure cet aparté sur EADS lors du discours d'inauguration en compagnie d'Angela Merkel le Président Sarkozy a rappelé les décisions portant sur la répartion des postes clés à la tête d'EADS en juillet 2007. Une décision politique sur le partage franco-allemand qui pour M. Sarkozy est gage d'une vraie entreprise européenne et d'une "structure opérationnelle digne de ce nom". Un résultat obtenu grâce à une "confiance" mutuelle entre les deux pays rappelait Nicolas Sarkozy à Angela Merkel.

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