A l’occasion de l’annonce des résultats annuels du groupe marqués par des pertes dues aux provisions pour l’A400M, son président Louis Gallois a minimisé les conséquences de la décision de ne pas concourir à l’appel d’offres sur les ravitailleurs.
La perte de 763 millions d’euros annoncés par le groupe EADS pour son exercice 2009 ainsi que l’absence de dividende versé aux actionnaires ont bien failli passer inaperçues. En cause, sa décision prise de concert avec son partenaire l’américain Northrop Grumman de ne pas concourir à l’appel d’offres des avions ravitailleurs américains. Pourtant ces résultats traduisent une dégradation nette des performances du groupe qui avait réalisé l’an dernier un profit d’environ 1,6 milliard de d’euros. Cette contreperformance est due aux provisions prises pour couvrir les surcoûts industriels de l’A400M et les problèmes de montée en cadence industrielle de l’A380.
De fait, l’annonce de ne pas concourir à l’appel d’offres des ravitailleurs est lourde de conséquences pour EADS même si sur un plan financier, Louis Gallois relativise cette décision. « En cas de victoire, ce contrat nous assurait de produire une quinzaine d’A330 par an alors que nous en produisons déjà une centaine par an aujourd’hui ». Les conséquences industrielles et stratégiques sont pourtant des plus fâcheuses pour EADS. D’une part, du gain de ce contrat dépendait l’installation de sa première chaîne d’assemblage d’avions long courriers aux Etats-Unis (en Alabama) et donc la possibilité de bénéficier d’une base industrielle en zone dollars. D’autre part, cette décision porte un rude coup aux ambitions du groupe de développer ses ventes dans le domaine de la défense, l’un des piliers du plan Vision 2020. Une orientation martelée par la direction du groupe afin de mieux se protéger des crises cycliques du secteur aéronautique civile.
Paradoxalement, malgré ses déboires industriels, le groupe est dans une situation financière encore confortable avec 9,8 milliards de cash en banque. Pas de quoi pourtant faire perdre la tête à Louis Gallois plus prudent que jamais. « Nous n’envisageons pas d’acquisition majeure », répète-t-il. Par ailleurs, le groupe affiche sa confiance dans une reprise du marché aéronautique civil dès cette année. Il va ainsi augmenter d’ici la fin de l’année la cadence de production des A320 de 34 à 36 appareils par mois, les usines de Toulouse et de Hambourg récupérant chacun un avion à assembler. Le chantier concernant la modernisation A320 reste dans le flou, l’avionneur n’ayant pas encore décidé ni de sa motorisation, ni de l’ampleur des modifications apportées à la voilure.
Hassan MEDDAH


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