EADS : le successeur de Louis Gallois devra relever le défi de la rentabilité
Par Hassan Meddah - Publié le
En mai prochain, Louis Gallois raccrochera de la présidence d’EADS. Grâce au succès d’Airbus, il laisse à son successeur un groupe en ordre de marche. Les grand défis de 2012 : réussir la montée en puissance des programmes (A350, A320 NEO…), et soigner la rentabilité du groupe dans un environnement économique de plus en plus difficile.
Malgré les questions pressantes quant à succession, Louis Gallois, en a dit le moins possible. Le président exécutif d’EADS en poste jusqu’à mai prochain, s’est exprimé à l’occasion d’un pré-bilan 2011 de son groupe qui s’est tenu à Hambourg. "Ne soyez pas trop impatients. Les discussions entres les actionnaires de contrôle et le conseil prennent du temps. Ce n’est pas une surprise", dit-il.
Simple précision de calendrier concédée aux journalistes ; le conseil d’administration devra faire mi-avril ses propositions concernant le nouveau conseil pour préparer l’assemblée générale du groupe de mai prochain. C’est pourtant un secret de polichinelle puisque que c’est l’actuel PDG d’Airbus, Tom Enders, également présent à Hambourg, qui devrait lui succéder. Toutefois rien ne pourrait être décidé au prochain conseil d’administration qui se tiendra le 26 avril prochain.
Louis Gallois laisse à son successeur un groupe en état de marche. "EADS est une cash machine et une réussite en matière de croissance", s’est félicité le dirigeant. Depuis sa création en 2000, le groupe a quasiment doublé son chiffre d’affaires qui atteint 46 milliards d’euros en 2010. Le groupe a également de quoi affronter la crise actuelle avec une trésorerie de 11,4 milliards d’euros (à septembre 2011).
Le carnet de commandes d’Airbus est plein à craquer avec plus de 4 400 avions à livrer, et le groupe va encore recruter 9 000 employés (dont 4 000 intérimaires) en 2012. Et les autres filiales (Eurocopter sur le marché des hélicoptères, Cassidian sur le marché de l’industrie de Défense, Astrium pour les activités spatiales) ont engagé des plans de réductions de coûts pour accroître leur compétitivité.
"Maintenant pour les années à venir, l’objectif est de faire croître la profitabilité", indique Louis Gallois. S’il n’a pas précisé d’objectifs chiffrés pour 2012, le dirigeant a notamment rappelé l’objectif de son programme à horizon 2020 qui vise une rentabilité en termes d’EBIT de 10% contre moins de 3% pour le dernier exercice. A cet horizon, le groupe vise un chiffre d’affaires de l’ordre de 80 milliards d’euros.

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